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mercredi 9 novembre 2005

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Incidents emeute en Ile de France

Emeutes en France

Incidents épars en Ile-de-France, une semaine après une première émeute

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BOBIGNY (AFP) - Des voitures ont de nouveau été incendiées et des policiers blessés par des jets de projectiles, jeudi en début de soirée, dans des quartiers "sensibles" d'Ile-de-France, une semaine après qu'une première émeute eut éclaté en Seine-Saint-Denis.

Jeudi peu avant 22H30, une source policière a signalé à l'AFP plusieurs "incidents épars", restant pour l'heure "relativement limités". Il s'agissait essentiellement d'incendies de véhicules.

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Cinq policiers ont par ailleurs été légèrement blessés par des jets de projectiles, dont trois à Mantes-la-Jolie (Yvelines).

Un dispositif de sécurité d'un millier d'hommes était en place en Seine-Saint-Denis, où l'on signalait des incidents à Bondy, à Aubervilliers, à la Courneuve ou à Saint-Denis.

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Une grande partie du trafic des bus étaient interrompu dans ce département, tout comme la circulation du tramway T1, par "mesures de sécurité" après que deux bus eurent été caillassés à Stains.

C'est en Seine-Saint-Denis que la première émeute avait éclaté, il y a une semaine, après la mort de deux adolescents de Clichy-sous-Bois, électrocutés dans un transformateur EDF où ils s'étaient réfugiés, se croyant poursuivis par la police.

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Plus de 300 incendies de véhicules ont été répertoriés en banlieue parisienne dans la nuit de mercredi à jeudi, ainsi que des destructions de bâtiments publics. En Seine-Saint-Denis, quatre tirs à balles réelles contre des policiers et des pompiers ont été comptabilisés, selon le préfet Jean-François Cordet.

En une semaine, la police a effectué 143 interpellations, selon le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. "Nous appliquerons la loi afin que la police soit la bienvenue partout sur le territoire de la République française", a-t-il affirmé jeudi au Sénat.

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M. Sarkozy a par ailleurs estimé sur i-télé que les violences de la nuit de mercredi à jeudi n'avaient "rien de spontané" et étaient "parfaitement organisées", sans fournir d'éléments à l'appui de cette déclaration.

Jeudi soir, le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné un jeune homme de 19 ans à deux mois de prison ferme pour "dégradations de bien public" à Villepinte. Un autre, âgé de 18 ans, a été reconnu coupable de "violences volontaires avec arme sur agent de la force publique" au Blanc-Mesnil, et condamné à trois mois de prison avec sursis et 105 heures de travail d'intérêt général.

Le gouvernement a consacré jeudi trois réunions à la situation dans les banlieues, afin de préparer le "plan d'action" pour les zones urbaines sensibles promis pour fin novembre.

Le Premier ministre Dominique de Villepin a notamment déclaré, depuis la cour de l'Hôtel Matignon: "La priorité, c'est le rétablissement de l'ordre public car ces violences sont inacceptables, mais je veux aussi nouer un dialogue pour trouver des solutions adaptées, pour donner une place à chacun".

M. Sarkozy avait auparavant reçu les familles de Zyed et Bouna, les deux adolescents électrocutés, pour leur présenter l'avancement de l'enquête de l'inspection générale des services (IGS). Interrogé par l'AFP, le père de Zyed Benna s'est dit "satisfait" de l'entretien, expliquant que M. Sarkozy lui avait assuré que "la lumière serait faite" sur la mort de son fils de 17 ans.

Selon les premiers résultats de l'enquête administrative, un policier avait prévenu ses collègues, par radio, du risque que les deux adolescents, qu'il venait d'apercevoir, trouvent refuge dans le transformateur.

La chronologie des faits établie par la police des polices exclut toute prise en chasse. Le procureur de la République de Bobigny, François Molins, a cependant annoncé jeudi l'ouverture d'une information judiciaire contre X pour "non-assistance à personnes en danger".

Emeutes en France

Je suis en Haitï et je n'arrive pas à croire ce que j'ai appris...

Des voitures brûlées, des meurtres... c'est la jungle c'est horrible et c'est surtout incroyable.. j'ai de la peine à m'imaginer?

Au total, l'on dénombre 1.260 véhicules incendiés et près de 230 personnes interpellées depuis le début des émeutes en région parisienne le jeudi 27 octobre dernier. Alors que les autorités espèraient que le plus dur était passé vendredi, les habitants eux sont exaspérés et les forces de l’ordre, épuisées. L’enquête de police montre que les deux jeunes morts électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois n’étaient pas poursuivis.

Huitième nuit de violences

Une de plus ! La banlieue parisienne a connu jeudi (4 novembre) soir sa huitième nuit consécutive d’émeutes. Les affrontements entre forces de l’ordre et fauteurs de troubles ont été moins nombreux que la nuit précédente. Il faut dire que plus de 1.300 policiers et CRS avaient été mobilisés. Mais le nombre de véhicules brûlés en Ile-de-France a été plus important que la veille : 519 contre 315. Le ministère de l'Intérieur avance aussi le chiffre de 78 interpellations. C’est en Seine-Saint-Denis que les échauffourées ont été les plus importantes. Trois entrepôts ont été brûlés au Blanc-Mesnil et à Aulnay. Les pompiers qui sont également intervenus à Bagnolet, Saint-Ouen et Le Bourget. Plusieurs bâtiments publics (mairies, écoles, commissariats,...) ont été la cible de jets d'engins incendiaires. Pour "défendre la quiétude" de leur commune, une grande partie des maires de Seine-Saint-Denis -de tous les parties politiques- ont décidé de manifester à Bobigny vendredi. "C'est une réponse unitaire, solennelle, silencieuse, pour dire: 'ça suffit'", explique le maire de Rosny-sous-Bois Claude Pernes (UMP).

L'un des incidents les plus graves aurait eu lieu à Neuilly-sur-Marne, où des véhicules de CRS auraient subi des tirs de pistolets à grenaille, sans faire de blessés. C'est ce qu'indiquait la préfecture de police vendredi matin. Mais le sénateur-maire de la commune a formellement démenti dans l'après-midi cette information. "Faux", dit-il, "il n'y a eu ni tirs, ni affrontements avec les forces de l'ordre. Seulement une voiture brûlée et un feu de poubelles". Une partie du trafic des bus a été interrompue jeudi soir, tout comme la circulation du tramway T1, par "mesures de sécurité" après que deux bus ont été caillassés à Stains. A Aulnay-Sous-Bois, un entrepôt de moquettes de 15.000 m2 a été la proie des flammes.

Plusieurs départements voisins ont été touchés. Aux Mureaux, dans les Yvelines, une cinquantaine de jeunes gens ont brièvement tenté de s'affronter aux policiers, sans provoquer de dégâts. A Trappes, 23 autobus d'une filiale de la RATP ont été détruits dans l'incendie d'un dépôt. Non loin de là, trois policiers ont été légèrement blessés par des jets de projectiles à Poissy. Une quarantaine de véhicules ont été incendiés dans le Val d'Oise, où deux policiers ont été blessés. L’Essonne a également été concernée, tout comme la province : la Côte d'Or, les Bouches-du-Rhône ou la Seine-Maritime.

Moins d'un train sur quatre circulait vendredi matin sur la ligne B du RER, dans la banlieue nord de Paris, après l'agression d'un conducteur dans la nuit de mercredi à jeudi. Cette huitième nuit a apparemment marqué un tournant. On a constaté, en effet, beaucoup moins d'affrontements directs entre les casseurs et les forces de l'ordre. En revanche, on est marqué par cette volonté de s'en prendre aux infrastructures de proximité, aux transports, aux écoles, aux commerces... Ce qui faisait dire dès jeudi soir à Nicolas Sarkozy que les violences n'avaient "rien de spontané" et étaient "parfaitement organisées". Nicolas Sarkozy qui a rencontré une nouvelle fois le Premier ministre vendredi. Les deux hommes se sont vus à Matignon dans l'après-midi "pour faire le point sur la situation" selon leur entourage. Cette rencontre leur permet surtout de prouver la cohésion et la solidarité au sein du gouvernement face à cette crise.

La population exaspérée

Ces violences ont pour point de départ la mort, le 27 octobre, de deux adolescents dans un transformateur EDF de Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Selon les premiers résultats de l'enquête administrative, un policier avait prévenu ses collègues, par radio, du risque que les deux adolescents, qu'il venait d'apercevoir, trouvent refuge dans le transformateur. La chronologie des faits établie par la police des polices exclut toute prise en chasse. Le procureur de la République de Bobigny a cependant annoncé l'ouverture d'une information judiciaire contre X pour "non-assistance à personnes en danger".

Jeudi soir, le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné un jeune homme de 19 ans à deux mois de prison ferme pour "dégradations de bien public" à Villepinte. Un autre, de 18 ans, a été reconnu coupable de "violences volontaires avec arme sur agent de la force publique" au Blanc-Mesnil, et condamné à trois mois de prison avec sursis et 105 heures de travail d'intérêt général. Le gouvernement a consacré jeudi trois réunions à la situation dans les banlieues, afin de préparer le "plan d'action" pour les zones urbaines sensibles promis pour fin novembre.

L’impuissance du pouvoir et des forces de l’ordre à enrayer la guérilla urbaine consument le moral des habitants, de plus en plus exaspérés. Certains sont désemparés devant leur véhicule parti en fumée. D'autres, par peur, ne vont plus dans les quartiers chauds. Sans oublier les chefs d'entreprise, pour qui le manque à gagner devient criant. A commencer par le patron de la concession Renault d'Aulnay-sous-Bois, entièrement incendiée mercredi soir. Les maires des villes concernées ont fait savoir qu'ils attendaient des solutions concrètes, plus de policiers et plus d'emplois notamment.

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