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mercredi 9 novembre 2005 à 21:47 :: Achat
Emeutes en France
Incidents épars en Ile-de-France, une semaine après une première émeute
BOBIGNY (AFP) - Des voitures ont de nouveau été incendiées et des policiers blessés par des jets de projectiles, jeudi en début de soirée, dans des quartiers "sensibles" d'Ile-de-France, une semaine après qu'une première émeute eut éclaté en Seine-Saint-Denis.
Jeudi peu avant 22H30, une source policière a signalé à l'AFP plusieurs "incidents épars", restant pour l'heure "relativement limités". Il s'agissait essentiellement d'incendies de véhicules.
Cinq policiers ont par ailleurs été légèrement blessés par des jets de projectiles, dont trois à Mantes-la-Jolie (Yvelines).
Un dispositif de sécurité d'un millier d'hommes était en place en Seine-Saint-Denis, où l'on signalait des incidents à Bondy, à Aubervilliers, à la Courneuve ou à Saint-Denis.
Une grande partie du trafic des bus étaient interrompu dans ce département, tout comme la circulation du tramway T1, par "mesures de sécurité" après que deux bus eurent été caillassés à Stains.
C'est en Seine-Saint-Denis que la première émeute avait éclaté, il y a une semaine, après la mort de deux adolescents de Clichy-sous-Bois, électrocutés dans un transformateur EDF où ils s'étaient réfugiés, se croyant poursuivis par la police.
Plus de 300 incendies de véhicules ont été répertoriés en banlieue parisienne dans la nuit de mercredi à jeudi, ainsi que des destructions de bâtiments publics. En Seine-Saint-Denis, quatre tirs à balles réelles contre des policiers et des pompiers ont été comptabilisés, selon le préfet Jean-François Cordet.
En une semaine, la police a effectué 143 interpellations, selon le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. "Nous appliquerons la loi afin que la police soit la bienvenue partout sur le territoire de la République française", a-t-il affirmé jeudi au Sénat.
M. Sarkozy a par ailleurs estimé sur i-télé que les violences de la nuit de mercredi à jeudi n'avaient "rien de spontané" et étaient "parfaitement organisées", sans fournir d'éléments à l'appui de cette déclaration.
Jeudi soir, le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné un jeune homme de 19 ans à deux mois de prison ferme pour "dégradations de bien public" à Villepinte. Un autre, âgé de 18 ans, a été reconnu coupable de "violences volontaires avec arme sur agent de la force publique" au Blanc-Mesnil, et condamné à trois mois de prison avec sursis et 105 heures de travail d'intérêt général.
Le gouvernement a consacré jeudi trois réunions à la situation dans les banlieues, afin de préparer le "plan d'action" pour les zones urbaines sensibles promis pour fin novembre.
Le Premier ministre Dominique de Villepin a notamment déclaré, depuis la cour de l'Hôtel Matignon: "La priorité, c'est le rétablissement de l'ordre public car ces violences sont inacceptables, mais je veux aussi nouer un dialogue pour trouver des solutions adaptées, pour donner une place à chacun".
M. Sarkozy avait auparavant reçu les familles de Zyed et Bouna, les deux adolescents électrocutés, pour leur présenter l'avancement de l'enquête de l'inspection générale des services (IGS). Interrogé par l'AFP, le père de Zyed Benna s'est dit "satisfait" de l'entretien, expliquant que M. Sarkozy lui avait assuré que "la lumière serait faite" sur la mort de son fils de 17 ans.
Selon les premiers résultats de l'enquête administrative, un policier avait prévenu ses collègues, par radio, du risque que les deux adolescents, qu'il venait d'apercevoir, trouvent refuge dans le transformateur.
La chronologie des faits établie par la police des polices exclut toute prise en chasse. Le procureur de la République de Bobigny, François Molins, a cependant annoncé jeudi l'ouverture d'une information judiciaire contre X pour "non-assistance à personnes en danger".