Le divorce de Paul McCartney tourne à l'aigre et la presse s'enflamme
LONDRES (AFP)

L'ex-Beatle Paul McCartney et son épouse Heather Mills, lors du 58e festival du film de Venise le 4 septembre 2001© AFP/Archives Gabriel Bouys
L'histoire à l'eau de rose de Paul McCartney et de sa seconde épouse Heather Mills a définitivement viré à l'aigre, faisant le bonheur de la presse britannique qui plaçait jeudi leur divorce à la une.

L'ancien Beatle, accusé de maltraitance mercredi, a été vengé par quelques confidences publiées par les journaux sur la cupidité présumée de Heather.

"Elle ne reculera devant rien pour mettre la main sur sa fortune", a déclaré au quotidien populaire The Sun un "ami" anonyme de Sir Paul. Heather, selon cette source, a menacé de "ruiner la réputation" du chanteur s'il ne lui offrait pas une énorme somme d'argent.

Il y a à peine quatre ans, les médias avaient fait leurs choux gras de leur mariage.

Lui, veuf de Linda Eastman, la première épouse adorée et trop tôt disparue. Elle, un mannequin prometteur ayant perdu une jambe dans un accident. Le symbole --deux souffrances guéries par l'amour-- était séduisant.

Quand ils s'étaient séparés en mai, les McCartney avaient encore promis de s'entendre à l'amiable. Un voeu pieux, compte tenu de l'invraisemblable fortune personnelle du chanteur, estimée à au moins 825 millions de livres (1,23 milliard d'euros).

Le divorce McCartney, "c'est un peu comme la séparation de deux entreprises", estimait jeudi le chroniqueur boursier de la chaîne de télévision privée d'information en continu Sky News, qui a consacré de larges plages à l'événement, allant jusqu'à organiser un débat entre pro-Mills et pro-McCartney.

Dès le mois d'août, Paul McCartney avait bloqué les comptes communs du couple. Il est vrai que Heather en avait retiré plus d'un million de livres (1,5 million d'euros) en quelques jours.

Il avait aussi changé la serrure du domicile conjugal. Heather avait donc trouvé porte close un soir où elle amenait en garde Béatrice, la fille du couple. Les photographes de presse étaient là, bien sûr.

Après quelques semaines d'accalmie, le quotidien Daily Mail a relancé les hostilités mercredi en publiant un long extrait du dossier de divorce de Heather Mills, envoyé par fax à plusieurs organes de presse. Le document citait des épisodes présumés de maltraitances subis par l'ex-mannequin de 38 ans, notamment une entaille au bras faite avec un verre à vin brisé.

Il pointait aussi l'usage de drogues ou une consommation d'alcool excessive de la part du chanteur.

Paul McCartney a répliqué par un communiqué promettant qu'il se "défendra contre ces allégations avec vigueur et de façon appropriée".

L'auteur de "Let it be" a aussi répété qu'il ne voulait pas étaler ses désaccords dans la presse. Mais le simple fait qu'il ait réagi aux allégations a enflammé les médias.

Les six quotidiens les plus vendus du pays --dans l'ordre le Sun, le Daily Mail, le Daily Mirror, le Daily Express, le Daily Telegraph et le Times-- ont tous consacré leur première page au divorce jeudi.

Même la BBC s'y est mise. Peter Horrocks, directeur des journaux télévisés de l'audiovisuel public britannique, a reconnu qu'il y a quelques années, l'information aurait été ignorée.

La tonalité des médias est plutôt favorable, pour l'instant, à Paul McCartney. D'après plusieurs journaux, les accusations violentes de Heather Mills pourraient même se retourner contre elle, même si elle assure n'être pour rien dans l'envoi aux journaux des bonnes feuilles de son dossier de divorce.

© AFP Agence France-Presse