Une étude Hitwise révèle que le site Youtube.com détient 43 % des parts du marché des plates-formes de diffusion de vidéo devant MySpace ( 24 %) et également devant Yahoo, MSN et Google. YouTube figure donc désormais à la 42ème place des sites les plus visités des Etats-Unis. En outre, la durée moyenne d'une visite sur le site Youtube.com est de 13,20 minutes contre 4,41 minutes sur MySpace, ce qui le place en position de véritable média alternatif.

YouTube brasse 200 To de données chaque jour
Un succès que YouTube paye au prix fort, puisque le service est extrêmement consommateur en bande passante. Le magazine Forbes estimait en avril 2006 que la plate-forme brassait 200 To de données chaque jour, ce qui correspondrait à une facture de 1 million de dollars par mois, somme versée à son prestataire de diffusion Limelight Network. Celui-ci a d'ailleurs affiché des résultats en hausse de 40 % à l'occasion de sa levée de fonds de 130 millions de dollars (lire l'article du 27/07/2006).

Une lourde facture qui ne pouvait pas être éternellement financée par des levées de fonds. YouTube a en effet réalisé un premier tour de table en novembre 2005 auprès du fonds de capital-risque Sequoia Capital, rapidement complété par une seconde levée de 8 millions de dollars réalisée en avril 2006, toujours avec le même fonds d'investissement. En avril 2006, et pour rentabiliser son activité YouTube s'est pour la première fois convertie à la publicité sous forme de liens sponsorisés Google Adwords. Une évolution qui n'est pas sans risque dans la mesure où la communauté d'utilisateurs était jusqu'à présent habituée à un service dépourvu de tout bandeau publicitaire.

YouTube et ses financiers ont cependant de quoi rester confiants. Une étude IDC estime que le marché de la vidéo a généré 230 millions de dollars de revenus en 2005 et devrait atteindre 1,7 milliard en 2010. Pour pouvoir s'assurer une part de ce gâteau, YouTube va donc devoir faire évoluer son modèle économique de façon plus radicale. Trois pistes peuvent raisonnablement être considérées.

Des vidéos qui peuvent présenter un caractère vulgaire ou illégal
La première solution serait d'ajouter des bandeaux publicitaires ciblés en fonction des catégories de vidéos. Un choix risqué qui pourrait pousser les utilisateurs à s'adresser à d'autres services gratuits, tel que celui du français DailyMotion (lire l'article du 12/07/2006). Autre souci, le contenu vidéo présent sur la plate-forme peut présenter un caractère vulgaire en contradiction avec l'image de marque des annonceurs potentiels. Une grande partie des vidéos du site tombent également sous le coup du droit d'auteur : clips vidéos et extraits de films ou de séries TV sont souvent publiés sans l'autorisation de leurs ayants droits, ce qu'aucun annonceur ne serait prêt à cautionner.

La seconde option : proposer un accès payant à des services premiums. Les vidéos publiées par les Internautes ont une durée limite de 10 minutes ou de 100 Mo. Un accès payant permettrait de diffuser des vidéos sans limite de durée ou de taille de fichier et sous réserve du respect du droit d'auteur. Le service Flickr propose déjà une formule de ce type.

YouTube
La troisième option semble être la voie déjà empruntée par YouTube. La plate-forme diffuse des contenus sponsorisés par des marques, dans le cadre de campagnes marketing, telle celle de Nike. Ce type de campagne est promis à un bel avenir en raison du potentiel viral de la plate-forme. Ainsi, la récente vidéo de la réaction chimique provoquée par le mélange de bonbons Menthos plongés dans du Coca-Cola a été vue plus de 150.000 fois en l'espace de quelques jours. Le réseau de télévision NBC s'est également rapproché de YouTube, après l'avoir menacé en février 2006, d'une action en justice. YouTube diffusait en ligne et sans autorisation son show le plus populaire, le NBC Saturday Night Live. YouTube avait alors retiré la vidéo, en essayant par la suite de trouver un accord avec la chaîne. Le site de partage de vidéos diffusera les programmes, ainsi que des séries TV de la chaîne dans une rubrique dédiée.