Le candidat UMP à la présidentielle Nicolas Sarkozy (c) écoute un chasseur, près de Saint-Valéry-sur-Somme, le 8 décembre 2006© AFP Denis Charlet

"Que veulent les chasseurs? Pouvoir parler sans être montrés du doigt. Ils comprennent parfaitement qu'ils ont un besoin impératif de protéger la nature. Les écologistes et les défenseurs de l'environnement ont la même préoccupation", affirme le ministre.

Mais la tâche n'est pas aisée, comme en témoigne le dialogue de sourds qu'a engagé le ministre-candidat avec le représentant de CPNT (Chasse nature, pêche, traditions), qui l'apostrophe devant une des nombreuses huttes qui servent de postes de guet aux chasseurs de canards tout au long de la baie de Somme.

"Depuis 27 ans, une directive gère la chasse en Europe mais elle est illégale", tempête Nicolas Lottin, conseiller général, qui demande à être reçu place Beauvau par M. Sarkozy et ses "juristes".

"Vous êtes sûr que c'est dans notre intérêt de rouvrir le débat?", tente le ministre. "On veut la vraie justice", répond le chasseur, un brin énervé: "il faut une ouverture de la chasse en fonction de la reproduction".

"Etes-vous bien conscient que le principe, c'est de préserver la survie des espèces?", relance M. Sarkozy. "Mon intérêt à moi, c'est de préserver le moment (de la chasse) des canards", répond le chasseur.

Pêcheurs et chasseurs doivent être "davantage associés à l'élaboration des règles", estime volontiers le ministre. Mais il ajoute: "je ne pense pas que vous faites progresser votre cause en donnant le sentiment à une partie de la population qu'on la caricature".

Fin de la discussion. Le ministre-candidat et le représentant d'un parti qui obtint 4,23% des voix à l'élection présidentielle de 2002, et présente à nouveau un candidat pour 2007, ont visiblement du mal à trouver un langage commun.

M. Sarkozy aura plus de chance avec le président de la fédération départementale de chasse, Yves Butel. "Je n'ai pas eu l'opportunité d'être dans une famille où l'on chassait. Mais j'ai beaucoup d'amis qui chassent (...) Les chasseurs sont suffisamment raisonnables pour comprendre qu'il y a des règles à respecter et des espèces à protéger", affirme le ministre devant lui.

"Je vais vous embaucher comme chargé de communication", lui lance M. Butel.

"Ca sera mon boulot pour dans cinq ans", répond M. Sarkozy.

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