Le réchauffement climatique remet en cause la fiabilité de l'enneigement© AFP/Infographie

Les 10% restants sont déjà soumis à des "conditions précaires". "Une hausse de la température de 1°C, de 2°C ou de 4°C à l’avenir pourrait ramener le nombre de domaines skiables jouissant d’un enneigement fiable à 500, 400 ou 200 respectivement", prévient l'OCDE.

"Une hausse de la température de 1°C relève de 150 mètres le niveau d'altitude à partir duquel l'enneigement naturel est suffisant pendant au moins 100 jours par an", explique le coordinateur de l'étude, Shardul Agrawala, administrateur chargé du changement climatique à l'OCDE.

Ce seuil se situe à 1.200 m pour la Suisse et des régions frontalières françaises (Savoie, Haute-Savoie), alors que dans les zones aux températures plus élevées et donc plus vulnérables comme les départements français Alpes-Maritimes et Alpes-de-Haute-Provence, ce niveau est à 1.500 m.

Parmi les cinq pays étudiés, c’est l’Allemagne qui est "le pays le plus vulnérable": un réchauffement de 1°C y entraînerait une baisse de 60% du nombre de domaines skiables bénéficiant d’un "enneigement naturel fiable".

L’Autriche, où la moitié des revenus du secteur touristique, soit 4,5% de l’économie nationale, provient du tourisme d’hiver, "est légèrement plus sensible que la moyenne". La France est "proche de cette moyenne" et l’Italie "légèrement au­dessus".

C’est la Suisse qui souffrirait le moins de ces changements, mais même dans son cas, un réchauffement de 1°C ferait diminuer l’enneigement naturel de 10% et un réchauffement de 4°C diviserait par deux le nombre de pistes bénéficiant d’un enneigement fiable, selon l'OCDE.

Les exploitants des stations ont "déjà pris des mesures pour s’adapter à l’élévation de la limite d’enneigement et au raccourcissement de la saison", recourant pour la plupart d’entre eux à la technologie.

Si la neige artificielle peut être "rentable pour eux", elle "consomme beaucoup d’eau et d’énergie, et a une incidence sur les paysages et les éco-systèmes", prévient toutefois l'OCDE.

© AFP Agence France-Presse