Le site, créé en Californie il y a 18 mois, affiche 100 millions de clips vus par jour, une popularité qui a attiré la convoitise du géant Google qui l'a racheté cet automne pour 1,65 milliard de dollars américains.

Des milliers d'internautes ont déjà visionné l'extrait vidéo de la police de Hamilton, certains applaudissant cette nouvelle méthode d'enquête et d'autres critiquant vertement ce qu'ils qualifient d'intrusion dans un espace de liberté.

"Cette vidéo est un outil au service de la police, soyez vigilants", avertit un internaute sur le site.

Les autorités britanniques avaient déjà mis en ligne sur YouTube la vidéo d'une mère éplorée invitant la population à l'aider à retrouver le meurtrier de son fils, mais c'est la première fois que le site populaire sert véritablement "d'outil d'enquête", et "ce ne sera pas la dernière", affirme M. Lasso.

Cette nouvelle stratégie ne fait toutefois pas l'unanimité parmi les spécialistes.

"Lorsque la police utilise ce site comme un outil d'enquête, il y a le risque d'un contrecoup si les gens pensent qu'elle patrouille la toile à la recherche de preuves", analyse Wade Deisman, criminologue à l'université d'Ottawa.

Les services policiers et de renseignement surveillent déjà l'internet. Plusieurs cas de pédophilie par exemple ont été découverts grâce à des enquêtes menées sur internet.

"Les gens pensaient au début qu'internet allait échapper à toute forme de contrôle par les gouvernements, que ces derniers n'allaient pas être en mesure d'étendre l'état de droit sur la toile, mais la police a développé un tas de moyens et de mécanismes pour y étendre le règne de la loi", assure M. Deisman.

Dans le cas d'Hamilton, les commentaires et les quelques indications transmis à la police n'ont cependant pas permis pour l'heure d'identifier le principal suspect, mais la police de Hamilton garde encore bon espoir.

© AFP Agence France-Presse