Page d'accueil d'un blog satirique sur le candidat UMP à la présidentielle Nicolas Sarkozy© AFP/Archives Christophe Simon

La France est une blogueuse active mais il est difficile de mesurer l'ampleur de la vague, selon Gilles Klein, rédacteur en chef de pointblog.com, magazine né avec les blogs en 2003.

La blogosphère française compterait de un à huit millions de blogs, selon les études. Difficile aussi de mesurer sa place en Europe: les études comparatives s'appuient sur des échantillonnages limités d'internautes et de pays, selon M. Klein.

L'observatoire mondial de référence, technorati.com, qui comptabilise les blogs actifs pendant au moins trois mois, a ainsi recensé en juillet 50 millions de blogs, dont seulement 2% francophones.

Pourtant, les blogs thématiques, "narcissiques" ou militants essaiment sur la Toile, comme les soirées de blogueurs dans les cafés de l'Hexagone.

A Paris, La République des Blogs, lancée par une poignée de juristes et politiques parisiens, a rassemblé 200 personnes en novembre pour sa quatrième réunion mensuelle, dans une brasserie des Halles.

"Le mois prochain, il faudra trouver plus grand", souligne "Versac", blogueur initiateur de ces rendez-vous.

"Avec 7 ou 8 millions de lecteurs de blogs, les Français ont compris que le blog était un outil de débat et d'influence extraordinaire", dit à l'AFP Loïc Le Meur, responsable de Six Apart, hébergeur de plusieurs millions de blogs.

64% des Français et 72% des internautes y voient "une forme de démocratie", selon une étude récente.

Médias et état-majors politiques, mobilisés pour la présidentielle de 2007, veulent donc occuper ce champ désordonné de dialogue et de polémique.

"Il y a une soif de débat dans ce pays. Et il a lieu sur les blogs qui jouent aussi un rôle de thermomètre de l'opinion", explique à l'AFP Jérôme Dorville, directeur adjoint de la rédaction d'Europe 1, qui a lancé début novembre son premier blog, avec 50.000 pages vues les deux premières semaines et jusqu'à plus de 100 commentaires par jour.

Un constat partagé par le Parti socialiste, qui a ouvert au printemps une plate-forme de 50 blogs et organisé à l'automne des groupes de "e-militants" pour animer "la campagne numérique" de Ségolène Royal.

Côté UMP, on sait que "la blogosphère politique et citoyenne va jouer un rôle important" et qu'il faut "occuper cet espace", selon Arnaud Dassier, conseiller internet du candidat Nicolas Sarkozy.

Et pour les publicitaires le blog est une manne: Eric-Marie Bion, directeur général de Hi-Media, deuxième régie publicitaire française, revendique pour "seul métier celui de générer du revenu publicitaire sur le Net".

© AFP Agence France-Presse