Second Life a son propre argent et sa propre économie, qui reflètent le monde réel jusque dans la possibilité d'avoir un logement, un travail ou de rencontrer des inconnus dans une boîte de nuit.

Autre phénomène en plein développement, les blogs: le site spécialisé Technorati recense déjà plus de 50 millions de pages qui permettent à leurs auteurs de faire connaître leurs idées, leurs opinions, leurs informations ou potins.

"On voit davantage de gens impliqués, créateurs de contenu, que de consommateurs passifs", explique Coye Cheshire, professeur assistant spécialiste de l'internet à l'université de Berkeley.

"YouTube, MySpace, FaceBook et l'encyclopédie en ligne Wikipedia -- qui est constamment enrichie par les internautes -- sont tous pilotés par les utilisateurs. Les gens n'utilisent pas seulement l'internet pour chercher de l'information, mais pour faire connaîte le contenu qu'ils créent", a-t-il dit.

M. Cheshire ne voit pas dans cette tendance, également appelée "Web 2.0", une montée de l'égocentrisme.

"Les gens ne deviennent pas plus narcissiques, ils ont juste une possibilité différente de s'exprimer ou d'être quelqu'un d'autre. Pour une femme, être un homme sur internet, par exemple".

L'augmentation du nombre de personnes qui s'expriment sur internet est le fruit d'une technologie plus avancée et bon marché, et d'une meilleure connaissance de l'internet au fil des ans.

"C'est un combinaison parfaite: davantage d'internautes, davantage d'inspiration pour utiliser des moyens plus séduisants de s'exprimer", estime le professeur de Berkeley.

"Quelqu'un a pu avoir il y a quinze ans la brillante idée de permettre aux gens de partager leurs vidéos, mais c'était impossible à réaliser. Maintenant, l'accès au haut débit, aux moteurs de recherche et aux navigateurs internet ne coûte rien", souligne-t-il.

Le développement d'internet résulte selon lui d'une interaction entre facteurs sociaux et avancée technologique. "Aucun des deux facteurs ne précède l'autre: c'est un processus réciproque entre la technologie et les besoins, les désirs et les engouements du public", a-t-il expliqué.

Selon lui, nombreux sont les intervenants réputés de Berkeley qui ont reconnu qu'ils n'auraient jamais imaginé ce que l'internet est devenu aujourd'hui.

© AFP Agence France-Presse