Les crimes de Saddam Hussein © AFP/Infographie

S'exprimant depuis Amman, il a souligné que les avocats avaient reçu des "informations d'Irak" qui faisaient "état de préparatifs pour l'exécution demain (samedi) à l'aube".

"La potence est prête, selon nos sources, elle a été montée", a-t-il ajouté.

"Tous les documents nécessaires à son exécution ont été remplis et compilés. Saddam n'en a plus pour très longtemps avant l'application de la sentence", a indiqué Sami al-Askari, député chiite et collaborateur du Premier ministre Nouri al-Maliki.

"L'exécution aura lieu soit samedi avant l'aube, soit immédiatement après les congés d'Aïd al-Adha", a affirmé M. Askari.

A partir de ce samedi pour les sunnites, de dimanche pour les chiites, les musulmans irakiens célèbrent pendant quatre jours l'Aïd al-Adha, la fête du Sacrifice, et "la coutume veut qu'aucune exécution n'ait lieu durant les fêtes religieuses", selon un responsable gouvernemental.

Une visite des avocats à l'ancien dictateur, prévue samedi, a été annulée, a par ailleurs déclaré un de ses défenseurs.

Saddam Hussein aurait été remis aux autorités irakiennes, selon un de ces avocats, mais cette information a toutefois été démentie à Washington ainsi que par un responsable américain à Bagdad.

Saddam Hussein, son demi-frère Barzan al-Tikriti, ancien chef des services de renseignement, et l'ancien président du tribunal révolutionnaire Awad al-Bandar ont été condamnés à mort par pendaison le 5 novembre pour l'exécution de 148 villageois chiites de Doujail (nord de Bagdad), dans les années 1980, en représailles à un attentat contre le convoi présidentiel.

L'appel de l'ancien président a été rejeté mardi par la justice irakienne, qui a précisé que Saddam Hussein et ses deux lieutenants devaient être pendus sous 30 jours.

Le gouvernement irakien, en charge de l'application de la sentence, n'a à ce jour donné aucune information officielle sur la pendaison, son lieu et ses détails pratiques, ou encore sur le sort qui serait réservé à la dépouille du condamné.

"Personne ne peut s'opposer à l'exécution du criminel Saddam Hussein", qui sera pendu sans "délai", a simplement affirmé vendredi le Premier ministre.

Saddam Hussein, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 35 ans, est détenu au secret dans un camp militaire américain près de Bagdad.

Depuis la Jordanie, le responsable du comité de défense de l'ancien raïs, Khalil Doulaïmi, avait indiqué dans la journée avoir reçu un appel des Américains demandant à ce que quelqu'un vienne "chercher les affaires personnelles du président et de son demi-frère".

Les violences se sont elle poursuivies dans le pays: au moins neuf personnes ont été tuées, dont un imam, et huit blessées dans un attentat suicide contre une mosquée chiite de la localité de Khalès, à 70 km au nord de Bagdad.