Plusieurs d'entre eux ont également invectivé le supplicié à ses derniers instants, alors que des cris de vengeance ont retenti immédiatement après sa mort. L'enquête ordonnée par le gouvernement doit également déterminer l'identité des auteurs de ces cris.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole de Moqtada Sadr, Nassar al-Roubaïe, a qualifié de "réaction personnelle" d'un des témoins l'invocation du nom de "Moqtada" lors de l'exécution.

"Nous avons tous été surpris. C'était un acte terrible", a expliqué à la BCC un conseiller du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, Sami al-Askari, qui assistait à la pendaison.

"Nous souhaitions tout faire en accord avec la loi. Et puis à la dernière minute, l'un des gardes a commencé à crier ces mauvaises choses", a déclaré M. Askari. "C'était l'un des gardes masqués. Tous les témoins dans l'assistance ont été choqués", a-t-il accusé.

Selon le procureur général Mounqeth al-Faroun, également présent à la pendaison, seuls deux témoins disposaient de téléphone portable parmi la vingtaine de personnes présentes. "Tous deux étaient des hauts responsables du gouvernement", a-t-il souligné sur la chaîne al-Jazira refusant cependant de les nommer.

De son côté, le président Jalal Talabani a affirmé mardi qu'il s'était "tenu à l'écart" de l'exécution, assurant qu'il "ne savait pas à l'avance" la date de la pendaison de l'ex-dictateur.

Très embarrassante pour le Premier ministre Maliki et la coalition chiite au pouvoir, ces images ont encore accru l'indignation au sein de la communauté sunnite irakienne et du monde arabe, alors que des milliers d'Irakiens continuaient mardi à venir rendre hommage à l'ancien président dans son bastion de Tikrit (180 km au nord de Bagdad) et dans son village natal d'Aouja, où repose sa dépouille.

Après trois jours de fermeture imposé par le gouvernement, les accès de Tikrit ont été à nouveau ouverts à la circulation automobile et les partisans de l'ancien raïs sont de nouveau venus en nombre mais dans le calme pour prier sur sa tombe dans une propriété familiale à Aouja, 4 kilomètres plus au sud.

Des délégations venues des principales régions sunnites du pays, Anbar, Diyala, Mossoul, ont continué d'arriver sur place.

Dans un communiqué sur internet, Ezzat Ibrahim, l'ex-numéro deux de Saddam Hussein, toujours en fuite, a appelé tous les groupes jihadistes à former un "front" commun de "résistance" pour "libérer" l'Irak, en rendant un vibrant hommage posthume au président déchu.

Enfin, les corps de 45 personnes assassinées ont été découverts mardi et quarante lundi dans les rues de Bagdad par les forces de sécurité.

Un Irakien se prosterne le 1er janvier 2007 sur la tombe de Saddam Hussein à Aouja
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