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lundi 8 janvier 2007 à 15:49 :: Informatique
2007 sera l’année du cochon… et de la haute définition?
VIDÉO Le salon de l’électronique grand public s’ouvre demain à Las Vegas: une réunion au sommet pour tenter, une nouvelle fois, d’éviter la guerre de formats pour la succession du DVD.
NICOLAS BERLIE
Publié le 08 janvier 2007
CHANTIER Le DVD «haute définition» (HD-DVD) accumule les faux départs, notamment pour des raisons de formats concurrents. Une situation que les principaux acteurs tenteront de débloquer au salon de Las Vegas./ AFP
CHANTIER Le DVD «haute définition» (HD-DVD) accumule les faux départs, notamment pour des raisons de formats concurrents. Une situation que les principaux acteurs tenteront de débloquer au salon de Las Vegas./ AFP
Voilà plus de deux ans que le successeur du DVD est dans les starting-blocks. Deux ans qu'on nous promet un nouveau DVD plus beau, plus fort, plus tout… Or, on ne compte plus les faux départs: il a fallu attendre Noël pour que les premiers lecteurs arrivent en Suisse, et encore, au compte-gouttes.
Pourquoi une telle confusion? On peut avancer une explication technique: les fournisseurs de composants ont de la peine à tenir le rythme d'une production à grande échelle. Mais le nœud du problème est ailleurs: les DVD «haute définition» (ou «HD») arrivent en ordre dispersé. Car deux clans s'affrontent, deux formats concurrents et non compatibles: à ma droite le Blu-ray de Sony et Panasonic, à ma gauche le HD-DVD de Toshiba et Microsoft. Deux clans jusqu'ici irréconciliables, malgré de nombreuses tentatives de rapprochement.
Voilà qui contraste avec ce qui s'était passé avec le DVD il y a une dizaine d'années: si le succès a été au rendez-vous, c'est aussi parce que tout le monde, constructeurs et studios, s'était mis d'accord sur un format unique. D'où le raz-de-marée qui a suivi, des volumes de ventes que n'ont jamais approchés les bonnes vieilles cassettes vidéo.
Mais avec le successeur du DVD, les consommateurs sont au contraire pris entre deux feux, sommés de choisir leur camp. Un choix cornélien: par exemple, L'Age de glace n'existe qu'au format Blu-ray, tandis que King Kong est une exclusivité HD-DVD. Pour regarder les deux, il faut donc deux lecteurs différents. Dès lors, l'alternative est simple pour le consommateur: soit acheter tout en double, soit attendre que l'un des deux formats prenne le dessus.
Mais ça pourrait changer. Car à quelques jours du CES de Las Vegas, gros salon mondial dédié à l'électronique de loisirs, les pré-annonces se multiplient: il y a le Sud-Coréen LG, qui a levé un coin du voile sur un nouveau lecteur capable de lire les deux formats rivaux. Il y a aussi Warner, qui nous prépare un troisième format: le «Total HD», un disque lisible à la fois sur un lecteur Blu-ray et sur un lecteur HD-DVD.
Bref, deux stratégies, deux compromis, pour arriver au même résultat: débloquer la situation. Car chez Warner, on ne croit pas à une victoire rapide du Blu-ray ou du HD-DVD. Du coup, n'en pouvant plus d'attendre, le studio a préféré choisir une «troisième voie», très helvétique: la neutralité.
Écran de fumée
Il faut dire qu'il y a urgence. Pour les studios comme pour les constructeurs: ces derniers - les Sony, Panasonic, Sharp, Samsung ou LG - sont prêts à tout pour annexer le marché de la TV haute définition. Quitte à sacrifier une partie de leurs revenus, à «subventionner» l'achat d'un téléviseur plasma ou LCD.
Une stratégie qui porte ses fruits, puisque les ventes de pièces explosent: 80% de hausse aux Etats-Unis en 2006! Le hic, c'est que les revenus ne suivent pas, largement ponctionnés par la guerre des prix que se livrent les constructeurs. A tel point qu'ils devraient même stagner en 2007.
D'où une situation paradoxale: des ménages suréquipés, avec des téléviseurs «prêts pour la HD», mais sans rien à mettre dedans. Tandis que, de leur côté, les constructeurs attendent toujours un retour sur investissement…