A Marseille, sur la rue Saint-Ferréol, grande artère piétonnière de la ville, plusieurs enseignes faisaient rentrer les clients au compte-gouttes et des files d'attente s'étaient formées à l'entrée des magasins.

Grande affluence aussi à Rennes dans la matinée, à la fois dans les boutiques prestigieuses, dans les chaînes (Minelli, André, Mango) et aux Galeries Lafayette, avec des files aux caisses.

Mais des commerçants faisaient déjà part de leur pessimisme. "C'est comme l'année dernière, ce n'est pas la ruée et dès la semaine prochaine, on fait la deuxième démarque", a dit la responsable du magasin de vêtements School Rag, dans le centre ville de Toulouse.

Pour ces soldes, les commerçants ont pourtant déjà consenti des rabais importants, en particulier sur les vêtements d'hiver, en raison de stocks accumulés au cours d'un automne chaud et d'un hiver qui reste désespérément doux. La plupart des rabais constatés étaient ainsi de 50%, l'enseigne Etam allant jusqu'à 70%, Pecca 60%, Printemps 80% et sur internet, le site Brandalley, la Redoute 70% et Cdiscount 95%.

Les soldes d'hiver et d'été représentent 25% à 30% du chiffre d'affaires dans le commerce de l'habillement.

Aux Galeries Lafayette de Strasbourg, la direction se disait cependant "très sceptique" quant à l'écoulement des stocks d'écharpes, de gants et doudounes en raison de la douceur hivernale actuelle. "On surveille la météo tous les jours et même les prévisions à 5 jours", a-t-on indiqué dans ce grand magasin.

Des clients affichaient leur déception. "C'est encore cher. On a des articles à -50% mais ce sont des articles souvent de très grandes tailles", ont déploré Monique, 55 ans, et sa fille Stéphanie, 32 ans, qui faisaient leurs courses à Lyon.

"Drôles de soldes! On baisse les prix sur des vêtements démodés", a renchéri Svetlana, qui venait d'acheter une paire de chaussures... non soldées.

Les commerçants du Blanc, une localité de l'Indre, proposaient à leurs clients de payer leurs achats en francs à l'occasion de ces soldes, cinq ans après la mise en circulation de l'euro.

"C'est la seconde fois que nous faisons cette opération. La première en 2005 avait bien marché: nous avions récupéré plus de 90.000 francs, soit une augmentation de 30% par rapport à l'année précédente", a indiqué Sylvie Moenne-Loccoz, présidente de l'association des commerçants, interrogée par l'AFP.