L'heure du cartel a pourtant sonné. En juillet 2006 est en effet entrée en vigueur la loi fédérale sur le marché intérieur – qui abolit les frontières cantonales et favorise le libre exercice des professions de Saint-Gall à Genève. Outre les notaires ou les enseignants, cette libéralisation économique concerne également les ramoneurs. Fini le cantonalisme qui empêchait un nettoyeur de cheminées d'Appenzel Rhodes-Intérieures d'aller nettoyer les conduits d'Appenzell Rhodes-Extérieures. Comme l'explique Thomas Zwald, responsable au Secrétariat d'Etat à l'économie de l'application de la loi sur le marché intérieur: «Progressivement les cantons devront se mettre en conformité avec l'ouverture des frontières, supprimer les concessions obligatoires pour exercer le métier et autoriser l'arrivée de ramoneurs d'autres régions.»

Expériences concluantes

On s'en doute. Cette réalité nouvelle plaît à certains et déplaît à d'autres. Zurich, Schwytz, Bâle-Ville ou Zoug ont déjà obtempéré et l'expérience s'y montre concluante: l'explosion des prix n'a pas eu lieu et la sécurité semble autant garantie que lorsque cette activité était étroitement contrôlée par l'Etat. A l'Association suisse des maîtres ramoneurs (ASRM), par contre, on se montre plus circonspect: «Le monopole actuel offre une meilleure qualité de travail, affirme ainsi Konrad Imbach, directeur de l'ASRM. Son abolition risque également de pénaliser les régions excentrées où les tarifs vont forcément augmenter.»