Le cartel des ramoneurs suisses près de sauter
Par argent achat billet avion bas prix noel halloween, vendredi 2 février 2007 à 23:01 :: Actualités :: #1882 :: rss
Le cartel des ramoneurs suisses près de sauter
LIBÉRALISATION La loi enlève aux cantons le privilège de fixer les tarifs au détriment de la concurrence.
Les superstitieux l'aiment toujours, ce petit homme noir avec son chapeau haut de forme et son hérisson. Normal. Le ramoneur est traditionnellement symbole de porte-bonheur. Mais derrière cette image bon enfant se cache également l'une des dernières survivances du corporatisme étroit de la vieille Europe. «En Suisse, explique-t-on ainsi sur le site internet de l'administration vaudoise, tous les travaux de ramonage, y compris les tâches de contrôle relatives à la police du feu, sont rémunérés selon un tarif réglé par l'Association suisse des maîtres ramoneurs et par l'Association des établissements cantonaux d'assurance incendie.» En clair: chaque canton non seulement limite le nombre d'entreprises de ramonage agréées sur son territoire, mais fixe aussi les prix, à l'instar d'un service public qui serait simplement délégué au secteur privé . Résultat des courses: le consommateur, pour les contrôles obligatoires des cheminées, des chaudières ou des conduits de fumée, n'a pas le choix de son ramoneur, et partant ne peut en aucun cas négocier les prix.
L'heure du cartel a pourtant sonné. En juillet 2006 est en effet entrée en vigueur la loi fédérale sur le marché intérieur – qui abolit les frontières cantonales et favorise le libre exercice des professions de Saint-Gall à Genève. Outre les notaires ou les enseignants, cette libéralisation économique concerne également les ramoneurs. Fini le cantonalisme qui empêchait un nettoyeur de cheminées d'Appenzel Rhodes-Intérieures d'aller nettoyer les conduits d'Appenzell Rhodes-Extérieures. Comme l'explique Thomas Zwald, responsable au Secrétariat d'Etat à l'économie de l'application de la loi sur le marché intérieur: «Progressivement les cantons devront se mettre en conformité avec l'ouverture des frontières, supprimer les concessions obligatoires pour exercer le métier et autoriser l'arrivée de ramoneurs d'autres régions.»
Expériences concluantes
On s'en doute. Cette réalité nouvelle plaît à certains et déplaît à d'autres. Zurich, Schwytz, Bâle-Ville ou Zoug ont déjà obtempéré et l'expérience s'y montre concluante: l'explosion des prix n'a pas eu lieu et la sécurité semble autant garantie que lorsque cette activité était étroitement contrôlée par l'Etat. A l'Association suisse des maîtres ramoneurs (ASRM), par contre, on se montre plus circonspect: «Le monopole actuel offre une meilleure qualité de travail, affirme ainsi Konrad Imbach, directeur de l'ASRM. Son abolition risque également de pénaliser les régions excentrées où les tarifs vont forcément augmenter.»

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