Dans l'hypothèse moyenne d'une teneur en gaz carbonique (dans l'atmosphère) de 740 parties pour millions, contre 370 actuellement, la vitesse de fabrication des coquilles diminue de 25% pour la moule et de 10% pour l'huître.

Un tel phénomène pourrait avoir des conséquences sur la survie des larves, qui pourraient avoir plus de mal à se fixer sur les supports fournis par les éleveurs. Les coquillages devraient mettre plus de temps à atteindre une taille commerciale. Ils deviendraient aussi plus sensibles aux prédateurs, souligne l'un des chercheurs ayant participé à l'étude, Jean-Pierre Gattuso de l'Observatoire océanologique de Villefranche (CNRS/Université de Paris 6).

Au delà de leur intérêt commercial, les moules et les huîtres rendent des services écologiques très importants, relève le CNRS dans son communiqué.

L'élevage commercial de mollusques a augmenté de près de 8% par an au cours des trente dernières années. Avec près de 12 millions de tonnes produites, ce marché représentait un chiffre d'affaires de 10,5 milliards de dollars en 2002.

L'huître du Pacifique est la plus cultivée, y compris sur le littoral français, avec un volume total de 4,2 millions de tonnes (10,8% de la production aquacole mondiale). Près de 1,4 millions de tonnes de moules (3,6% de la production aquacole) sont également produites dans le monde.

"Il appartient désormais à d'autres équipes de s'emparer de ces travaux pour tenter d'en évaluer les conséquences économiques", a souligné M. Gattuso. On pourrait aussi s'interroger sur l'impact du phénomène sur la production de perles "qui pourrait être affectée et vaudrait la peine d'être étudiée".

Lors de l'expérience, les coquillages ont été stressés en étant soumis à une augmentation brutale de l'acidité de l'eau. Sur une plus longue durée, plus proche des conditions naturelles, il n'est pas impossible qu'un phénomène d'adaptation intervienne, a concédé le chercheur, interrogé par l'AFP.

Cette étude est publiée dans la revue Geophysical Research Letters.

© AFP Agence France-Presse