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lundi 30 octobre 2006 à 18:01 :: Actualités
Le réchauffement climatique doit être traité d'urgence au niveau mondial
LONDRES (AFP)
Image satellite montrant la calotte glaciaire réduite le 29 septembre 2005© AFP/NASA/Archives
La communauté internationale, mais surtout la Chine, l'Inde et les Etats-Unis, a été appelée lundi à se mobiliser pour endiguer le réchauffement climatique qui pourrait causer une récession économique "d'une ampleur catastrophique".
Toute inaction se traduirait par "des dérèglements de l'activité économique et sociale (...) d'une ampleur similaire à ceux qui ont suivi les plus grandes guerres et la grande dépression de la première moitié du XXe siècle", a prévenu sir Nicholas Stern, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, à l'occasion de la publication du rapport qui porte son nom.
Il avait été mandaté début 2005 par le gouvernement britannique de Tony Blair en vue d'évaluer les conséquences économiques du réchauffement climatique pour le Royaume-Uni et le monde d'ici 2100.
Le constat, qui tient en 600 pages, est qu'il y a le risque d'un "ralentissement très grave" de l'économie mondiale d'un coût estimé à plus de 5.500 milliards d'euros.
Le ministres de l'économie britannique Gordon Brown (g) s'exprime lors d'une conférence de l'économiste Nicholas Stern (c), en présence du Premier ministre Tony Blair, le 30 octobre 2006 à Londres© AFP/WPA Pool Kieran Doherty
Les pays devraient consacrer 1% du PIB mondial par an à la lutte contre la spirale de la hausse des températures et toute passivité se traduirait par une charge représentant entre 5 et 20 fois ce montant.
"La tâche est urgente. Retarder l'action, même d'une décennie ou deux, nous entraînerait sur un territoire dangereux", a averti Sir Stern, se disant "optimiste car nous avons le temps et l'argent pour agir".
Mais cela doit se faire "maintenant et internationalement", a-t-il ajouté, affirmant que l'Inde, les Etats-Unis et la Chine devaient participer pleinement à la mobilisation internationale.
Le Premier ministre Tony Blair a relevé pendant cette conférence de presse que si la Grande-Bretagne cessait aujourd'hui toute pollution, l'économie en terme d'émissions polluantes engendrée serait annulée en moins de deux ans par le simple effet de la croissance de la Chine.
Selon lui, les hommes doivent agir immédiatement pour éviter les conséquences "désastreuses" et "irréversibles" du réchauffement climatique qui pourrait entraîner le déplacement de 200 millions de personnes du fait de la hausse du niveau des océans et de l'extinction de 40% des espèces animales.
La Grande-Bretagne, qui prévoit qu'elle doublera son objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixé par le protocole de Kyoto, souhaite mener la lutte contre le réchauffement climatique au niveau mondial et européen, tout en poursuivant ses efforts à domicile.
A cette fin, le gouvernement britannique s'est doté d'un nouveau conseiller: l'ancien vice-président américain Al Gore qui a fait du réchauffement planétaire son cheval de bataille.
Le ministre britannique de l'économie Gordon Brown a annoncé une loi sur les changements climatiques avec un nouvel objectif de 60% de réduction des émissions de dioxyde de carbone d'ici 2050, appelant à la naissance d'une "économie mondiale à faible teneur en dioxyde de carbone".
La réduction doit être "étendue à d'autres secteurs, puis à l'Europe et au monde", a-t-il affirmé, relevant que chacun devait être "conscient de sa responsabilité personnelle" et que les "mesures fiscales ont un rôle à jouer".
La presse britannique avançait lundi que le secteur aérien, responsable de 22% des émissions en Europe, pourrait être touché et que des mesures pourraient se multiplier pour inciter le public à bâtir "une société et une économie vertes".
Au niveau mondial, les pays riches devront aider les pays pauvres qui seront "les premiers et les plus durement touchés", a affirmé Sir Stern. "Il est juste que les pays riches payent un peu plus" que leur quote-part de 1% de PIB.
Leur action doit également se faire au travers de partenariats, comme dans la forêt amazonienne, car la déforestation mondiale entraîne davantage d'émissions que l'industrie du transport.
© AFP Agence France-Presse