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jeudi 18 janvier 2007 à 11:08 :: Sports
Stéphane Lambiel n’a plus le feu sacré
Site Stéphane Lambiel
PATINAGE Le Valaisan a annoncé hier qu’il renonçait aux championnats d’Europe la semaine prochaine à Varsovie. A 21 ans, le Petit Prince veut explorer d’autres mondes. Cette pause pourrait mettre un terme à sa carrière.
Sur le podium olympique de Turin le médaillé d’argent fondait en larmes.
«J'ai décidé de ne pas aller à Varsovie.» Ces mots lâchés par Stéphane Lambiel sur le coup de 13 h 30 à la patinoire de Malley, à Lausanne, médusent l'assistance. Ce qui ne devait être qu'une simple conférence de presse une semaine avant le début des championnats d'Europe de Varsovie (du 22 au 28 janvier), se change subitement en événement médiatique. Double champion du monde, le patineur valaisan choisit de mettre sa carrière sportive entre parenthèses. Lorsqu'il s'explique, le ton se veut serein, mais l'homme semble vidé, comme absorbé par une vie qu'il ne contrôle plus entièrement. A ses côtés, la cheffe de presse de l'Union suisse de patinage, Gabrielle Rey, va dans la même direction: «Je reçois chaque jour des dizaines de demandes d'interview. Si nous ne filtrions pas, Stéphane passerait ses journées à répondre aux journalistes. Il a besoin de souffler.»
Etat de grâce envolé
Plus tard, Stéphane Lambiel évoque ce feu sacré qui l'a progressivement abandonné: «La décision émane de moi seul. La question n'est pas de savoir si je suis prêt ou pas, j'ai tout simplement besoin de temps pour moi. Il y a le moi quotidien et le moi sportif. Une frontière invisible sépare trop souvent ces deux entités. Je veux pouvoir m'exprimer ailleurs, ressentir de nouvelles sensations. Je ne me sens pas capable de forcer mes émotions comme à Turin ou à Calgary.»
Garçon passionné et sensible, le Valaisan avoue avoir perdu cet état de grâce, condition sine qua non à son plaisir sur la glace. «Il ne s'agit pas d'une remise en question de mon amour pour ce sport, continue-t-il. Je m'autorise simplement à choisir, à essayer quelque chose de nouveau. J'ai averti mon entraîneur Peter Grütter hier (n.d.l.r.: mardi), il a accepté mon choix. Le Petit Prince doit explorer de nouveaux mondes.» Quant à la question de savoir s'il se rendra en mars à Tokyo pour y défendre sa couronne mondiale, le patineur de Saxon laisse planer le doute: «Je ne sais pas encore, c'est toujours au programme. Ce qui est certain, c'est que je vais continuer à m'entraîner comme avant. La métaphore est peut-être mal choisie, mais celui qui va à la guerre ne peut pas être sur tous les fronts.»
Présent à Art On Ice
A 21 ans, Stéphane Lambiel aspire donc à prendre du recul pour mieux avancer: «Lorsque j'ai commencé le patinage, mon objectif était de participer aux Jeux olympiques, chose que j'ai faite à 16 ans. Par la suite, j'ai vu que je pouvais devenir champion du monde, ce fut mon nouvel objectif et je l'ai atteint à 19 ans. Puis l'année passée, l'argent olympique et un second titre mondial à 20 ans seulement. Je me suis aperçu que je n'avais pas digéré ces succès et j'ai envie de les apprécier pleinement aujourd'hui.»
Ce hiatus temporaire fait naturellement les affaires des organisateurs de galas, dont Art On Ice, puisque Stéphane Lambiel fera partie de la troupe qui se produira six fois en Suisse. Comme à chaque édition, l'étape lausannoise - les 6 et 7 février - fera le plein. Une occasion rêvée de voir la star effectuer le programme de flamenco censé lui permettre de remporter l'or à Varsovie.
La place laissée vacante par le désistement de Stéphane Lambiel profite ainsi au Zurichois Moris Pfeifhofer, qui vivra là sa première expérience à ce niveau de compétition.
Carte d’identité
NOM Lambiel
PRÉNOM Stéphane
NÉ LE 2 avril 1985 à Martigny (VS)
GABARIT 1 m 76 pour 67 kg
SURNOM «Le Petit Prince»
PALMARÈS Jeux olympiques: médaillé d'argent à Turin en 2006; Championnats du Monde: médaillé d'or à Calgary (2006) et Moscou (2005); Championnats d'Europe: médaillé d'argent à Lyon (2006); Championnats de Suisse: sept fois médaillé d'or (de 2001 à 2007)
Saxon, le village du champion, entre incrédulité et bienveillance
INCRÉDULITÉ A Saxon, son village natal, c’est la stupéfaction. Tous ou presque s’accrochent aux propos de la maman de Stéphane: «S’il a la santé, il continuera à patiner.»