Warner vient de porter un coup (fatal?) au HD-DVD: le studio, plus gros vendeur de DVD aux Etats-Unis, a annoncé que ses films ne sortiront plus qu'au format Blu-ray de Sony, ceci depuis mai. Jusqu'ici, Warner les proposait aux deux formats, Blu-ray et HD-DVD, laissant le choix au consommateur. Mais, convaincu que la cohabitation des deux formats bloquait l'évolution de la HD, le studio a choisi son camp.
C'est un coup très dur pour Toshiba, le père du format HD-DVD: son bébé est de plus en plus minorisé, ne comptant plus que le soutien d'Universal (et gare, leur contrat d'exclusivité échoit ces jours-ci...) et de Paramount. Le rapport des forces est donc plus jamais en faveur du Blu-ray, qui a désormais l'exclusivité du catalogue de Sony, Warner, New Line, Disney (Buena Vista), Fox Lionsgate et MGM.
Bref, un sérieux déséquilibre qui devrait gentiment freiner les ventes de HD-DVD. Du coup, Sony pourrait bien tenir sa revanche sur le Bétamax. De son côté, Toshiba temporise et promet une contre-attaque... ce qui ne l'a pas empêché d'annuler sa conférence de presse que CES, grand raout de l'électronique qui se tient ces jours à Las Vegas.
Et maintenant?
La co-existence de deux formats concurrents est un terrible handicap pour la HD: plus d'une année et demie après leur lancement, les ventes de HD-DVD et de Blu-ray sont toujours très faibles, surtout comparées aux ventes de DVD (pourtant, paraît-il, en perte de vitesse).
La décision de Warner est donc peut-être une bonne nouvelle. Quoique... Car le HD-DVD a de sérieux atouts: il est moins cher et plus mature techniquement parlant, ce qui en fait le favori des cinéphiles. Autre avantage pour le consommateur, il est beaucoup moins "blindé" de protections anti-piratage: contrairement aux Blu-ray (et aux DVD), les disques HD-DVD ne sont pas zonés.
Et si la mort (annoncée) du HD-DVD est une bonne nouvelle pour le marché et une partie des consommateurs, beaucoup d'Européens risquent d'être dégoûtés: en effet, si les ventes de Blu-ray dépassent de loin celles des HD-DVD aux Etats-Unis, la bataille est beaucoup plus serrée sur le Vieux Continent, notamment en ce qui concerne les lecteurs.