Givaudan avale un concurrent et devient leader du marché
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    * Givaudan

PARFUMS Le géant genevois acquiert le Néerlandais Quest International pour 2,8 milliards. Il distance de loin tous ses rivaux.

ÉLISABETH ECKERT
Publié le 23 novembre 2006
KEYSTONE-LAURENT GILLIERON
VERNIER Givaudan pèsera 4 milliards de francs de chiffre d’affaires une fois l’acquisition de Quest International finalisée. L’ex-filiale genevoise de Roche a connu une croissance phénoménale depuis son spin-off en 2000 du géant pharmaceutique bâlois. / KEYSTONE-LAURENT GILLIERON

L'industrie du parfum et des arômes a le don de la discrétion à Genève, encore plus que l'horlogerie et bien davantage que la banque privée. Et pourtant. Là-bas, au bord du Rhône, au fin fond de Vernier, se niche le leader mondial incontesté de la branche.

Le groupe Givaudan – qui, sur neuf mois, affiche déjà un chiffre d'affaires de 2,2 milliards de francs, en progression de 5,5% – vient en effet d'opérer une gigantesque acquisition, en avalant, pour 2,8 milliards de francs, l'un de ses principaux concurrents, Quest International. Sis en Hollande et filiale du Britannique Imperial Chemical Industries, Quest occupe quelque 3400 collaborateurs pour des ventes 2005 de 1,3 milliard de francs.

«Une fois ce rival racheté, Givaudan pèsera 4 milliards de francs de chiffre d'affaires, affirme son directeur général, le Français Gilles Andrier. Et sa taille en fera le leader absolu tant dans les arômes que dans les parfums», et sur un marché mondial estimé entre 16 et 17,5 milliards de francs. Depuis que Roche a décidé. en 2000, de se séparer de sa filiale genevoise, Givaudan a connu une croissance hors du commun. Les milieux financiers le surnomment d'ailleurs «le gorille dans la jungle» ou, moins prosaïquement, le tsar des parfums. Et pour cause. Givaudan n'avait, pour l'heure, plus qu'un challenger de poids, l'Américain International Flavors Flagrance (IFF), qui pèse actuellement 2,5 milliards de francs en chiffre d'affaires, immédiatement suivi par l'autre Genevois de renom, le groupe Firmenich (2,3 milliards de chiffre d'affaires).

150 millions d'économies

Avec cette acquisition – que Givaudan compte financer par un emprunt bancaire auprès de Citigroup (1,8 milliard) et par une augmentation de capital (1 milliard de francs) – la firme genevoise compte non seulement renforcer son positionnement, mais également réaliser pour 150 millions d'économies d'échelle dans un marché du parfum et des arômes où les pressions sur les prix sont violentes. Grâce à une stratégie extrêmement bien ciblée sur les produits à haute valeur ajoutée, le groupe genevois est ainsi parvenu à asseoir sa position de leader, aussi bien en matière de revenus que de savoir-faire. Un concurrent allemand, numéro quatre de la branche – Symrise – a bien tenté le 18 novembre dernier de damer le pion à Givaudan par la plus importante entrée en Bourse outre-Rhin. Mais, même réussie, cette dernière n'est en rien parvenue à menacer tant Givaudan que Firmenich.