Google vient de passer la barre des 500$. Spéculation, bulle internet ? Non, confiance des marchés dans une entreprise qui a devant elle de beaux espoirs de croissance.

L’action Google vient de passer la barre des 500$. L’année dernière à la même époque, elle était à 400$. Cette progression rapide (rappelons qu’elle a été mise sur le marché à mois de 100$) met aujourd’hui Google devant HP et Intel, en terme au moins de valorisation boursière. Cette montée de l’action suscite les commentaires les plus variés. Beaucoup parlent de nouveau de bulle internet. C’est, je crois, mal connaître le fonctionnement des marchés financiers.

Il y a bulle lorsque des effets de mimétisme amènent les investisseurs à se précipiter sur quelques produits et, le jeu de la concurrence aidant, à faire monter les prix au delà de la valeur économique de l’entreprise. On ne peut, bien sûr, exclure des effets de ce type dans le cas de Google , mais sa croissance repose sur une base autrement solide : la confiance des investisseurs dans les marchés de l’entreprise. Confiance qui me parait justifiée pour au moins quatre motifs :

les marchés de la publicité sur internet, première source de revenus de Google , sont en pleine croissance. Ils représentent aujourd’hui plus de 10% des marchés publicitaires en Grande-Bretagne et on peut penser que leur part du gâteau sera, à terme, plus importante ;

en signant des accords (à titre expérimental et pour six mois seulement, mais chacun sent bien que ce n’est qu’un début) avec 50 journaux de premier ordre aux Etats-Unis, il s’est ouvert le marché des régies publicitaires de la presse où il devrait “faire un carton” ;

en rachetant YouTube, il a mis de son coté une entreprise qui pouvait lui faire concurrence et s’est donné les moyens de connaître de très près les comportements des consommateurs de demain, les adolescents qui aujourd’hui déposent sur ce moteur leurs films. Il s’est, par ailleurs, donné le temps et les moyens de trouver une solution pour faire de la publicité sur la vidéo sans gêner les consommateurs ;

ses principaux concurrents ont l’esprit ailleurs, comme Microsoft, sont en difficulté comme Yahoo ou ont les mains liées par des partenariats comme la presse ou les grands médias (voir, sur ce point, mon post sur le rachat de YouTube).

Si l’on ajoute à tout cela que l’on entre dans la saison des cadeaux il y a de bonnes raisons de prendre cette montée des cours pour ce qu’elle est : un signe de la confiance des marchés dans une entreprise qui a devant elle de beaux espaces de croissance.