Leader à Cointrin, Easyjet veut encore s’agrandir à Genève

AVIATION La compagnie aérienne espère profiter du futur agrandissement des locaux de l’aéroport.

FLORENCE NOËL
Publié le 30 décembre 2006

PASCAL FRAUTSCHI- CROISSANCE: Andy Harrison: «Notre société comptera bientôt 400 collaborateurs en Suisse et aura contribué à la création de milliers d’emplois indirects.»

Hier, pour sa première rencontre avec la presse suisse romande, le patron d'Easyjet Andy Harrison bénéficiait de conditions idéales: augmentation record des bénéfices de 56%, 33 millions de passagers transportés pendant l'année dont 5 millions en Suisse, quarante-sept destinations au départ du territoire helvétique dont 28 depuis Genève, 400 emplois directs dans le pays, la compagnie peut aujourd'hui se targuer d'être le deuxième plus important transporteur aérien en Suisse.

Autant dire qu'Andy Harrison était hier en territoire conquis. «C'est vrai, nous avons beaucoup de succès, et forcément, cela crée des envieux», a-t-il lancé hier, faisant référence à Air France, qui conteste depuis longtemps la mise en service à Genève du fameux terminal T2, destiné à accueillir les compagnies dites low cost moyennant des taxes aéroportuaires moins élevées.

Bloqué au Tribunal fédéral par la compagnie française, le projet T2 aurait pour avantage d'alléger le trafic passagers de l'aéroport de Cointrin. Un trafic dont la majeure partie est induite par des vols Easyjet. «Nous sommes tout à fait conscients des difficultés que supportent les voyageurs à l'aéroport de Genève, en particulier le week-end, concède Philippe Vignon, directeur commercial d'Easyjet en Suisse. C'est pourquoi nous cherchons des solutions alternatives au T2».

Jeune flotte

Ces solutions alternatives, la direction de l'aéroport de Genève pourrait bien les apporter à Easyjet sur un plateau dès l'année prochaine. Réfléchissant à son agrandissement, Cointrin étudie différents projets de travaux dont certains pourraient réduire les désormais trop fréquents «embouteillages» de passagers. Assumé en totalité par l'aéroport, le plan directeur de ces travaux devrait être dévoilé au début 2007.

D'ici là, la compagnie low cost compte encore s'agrandir, à Bâle et à Genève. Au départ de Cointrin, Easyjet ouvre ainsi dès aujourd'hui deux nouvelles liaisons à destination d'Hambourg et de Prague. «Nous bénéficions à Genève d'un réseau très équilibré», remarque Andy Harrison. Cette année, plus de 3 millions de passagers auront été transportés au départ de Genève par Easyjet, qui contrôle aujourd'hui près de 34% des parts de ce marché.

En termes de flotte, l'entreprise a également annoncé une forte augmentation du nombre de ses avions. Au niveau européen, Easyjet, qui exploite aujourd'hui 122 appareils, vient de commander 52 Airbus A319 d'ici 2010 tout en posant des options d'achats pour 75 A320 supplémentaires. «Avec un âge moyen de 2,2 ans, notre flotte est non seulement l'une des plus modernes d'Europe, mais également l'une des plus respectueuses de l'environnement», a tenu à souligner Jean-Marc Thévenaz, directeur général d'Easyjet pour la Suisse.

A Genève, afin de supporter sa stratégie de développement, la compagnie affrétera au début de ce mois un appareil supplémentaire, portant sa flotte locale à sept avions.

Autre base helvétique d'Easyjet, l'aéroport de Bâle affiche lui aussi une très forte progression (+115% de passagers en 2006). A noter qu'Easyjet offre au départ de Bâle une liaison vers Istanbul.

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