Quant à leur compétitivité, la Finlande, la Suède et le Danemark occupent respectivement les 2e, 3e et 4e place du dernier palmarès effectué par le Forum économique mondial.

"Les trois pays ont des similarités mais leur performance économique ne s'explique pas par un seul dénominateur commun", commente Klas Eklund, chef économiste du groupe bancaire suédois Skandinaviska Enskilda Banken (SEB).

Hier englués dans des crises profondes, consécutives à leur incapacité à résister dans les années 80 à la dérégulation des marchés bancaires et aux chocs pétroliers, ces petits pays (9,2 millions de Suédois, 5,4 millions de Danois et 5,2 millions de Finlandais) se sont adaptés et réformés à des rythmes différents, souligne-t-il.

Pragmatiques, les Nordiques n'ont pas hésité à tailler dans les effectifs de leurs fonctionnaires, à lancer un programme d'austérité fiscale.

"Les pratiques peu rigoureuses en matière de budget ont été remplacées par des règles strictes en Suède et en Finlande. Plusieurs marchés ont été libéralisés", explique M. Eklund.

"Au milieu des années 90 et en seulement quelques années, une structure macroéconomique radicalement nouvelle a été mise en place, qui a apporté un environnement stable avec une inflation basse", ajoute-t-il.

Outre la réforme de l'Etat et la nouvelle politique économique, Haakan Frisen, économiste chez SEB, souligne que ces réformes ont été possibles grâce à une volonté générale "de combiner équité et efficacité sur le marché du travail".

Le modèle est aujourd'hui une sorte de "compromis entre les modèles anglo-saxon et d'Europe continentale", résume l'économiste.

Les Etats ont également pu s'appuyer sur "une main d'oeuvre hautement qualifiée", poursuit-il.

Il existe en outre dans ces pays une habitude de dialogue, de recherche de solutions par le consensus, qui ont conduit à une coopération entre les syndicats et les employeurs, ajoutent les économistes.

Enfin, les pays nordiques ont une tradition d'ouverture vers l'extérieur. Le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, qui va lancer un vaste programme de privatisations, a ainsi récemment déclaré au Financial Times, que celles-ci seraient ouvertes aux investisseurs étrangers sans que cela provoque de remous dans l'opinion.

Aujourd'hui, l'ascension économique devient presque un handicap pour le Danemark. Le taux de chômage ne cesse d'y baisser. Au mois d'octobre, il représentait 4,1% de la population active, un record historique puisqu'il faut remonter à 1974 pour trouver un taux inférieur.

Si bien que la main-d'oeuvre vient à manquer. Elle a coûté à l'industrie danoise 27 milliards de couronnes (3,61 milliards d'euros) en perte de commandes entre fin 2005 et premier trimestre 2006, selon la confédération des industries danoises.

© AFP Agence France-Presse