Les banquiers s’offrent 20 milliards
Par Crédit défisaclisation économie économique banques crédits moins d'impôts épargne, jeudi 14 décembre 2006 à 03:37 :: Banques :: #214 :: rss
Les banquiers s’offrent 20 milliards
BONUS L’UBS et le Credit Suisse verseront jusqu’à 2 millions de francs à leurs employés les plus méritants.
ÉLISABETH ECKERT
Publié le 14 décembre 2006
dr- CITY: Les grandes banques d’affaires domiciliées à Londres, comme le Credit Suisse ou l’UBS, distribueront des primes records d’un total de 20 milliards de francs.
On savait l'année boursière 2006 excellente. On redécouvrait également toute la vigueur d'une économie mondiale où les fusions et les acquisitions sont chose courante. Dès lors, les chiffres - à ce stade encore estimatifs - ont commencé à tomber. Ainsi, les grandes banques d'affaires domiciliées à Londres distribueront plus de 20 milliards de francs en bonus à leurs courtiers, gestionnaires ou banquiers d'affaires, soit une croissance de quelque 25% par rapport à 2005, qui fut déjà une année florissante. Outre-Atlantique, à Wall Street, la progression est encore plus forte, puisque selon l'agence financière Bloomberg, les primes liées aux bénéfices des quatre «majors» de la banque d'affaires - Goldman Sachs, Morgan Stanley, Merill Lynch et Lehman Brothers - devraient bondir de 30%, pour atteindre 45,1 milliards de francs, soit, en moyenne, plus de 250 000 francs par employé…
Extrêmement présentes sur ces places financières, l'UBS et le Credit Suisse ne pouvaient dès lors rester en retrait. Selon les estimations - souvent très juste - de la société d'investissements suisse Millenium Associates, spécialisée dans le secteur bancaire, les deux grandes banques vont octroyer des primes records cette année, lesquels, au total, tourneront autour des… 20 milliards de francs. Et pour cause, explique le fondateur de Millenium, Ray Soudah, dans une interview octroyée au site Internet de Cash, «l'UBS et le Credit Suisse, comme les grandes banques d'affaires, vont réaliser en 2006 des bénéfices absolument records. Elles sont dès lors obligées de distribuer des primes exceptionnelles, afin de conserver leurs spécialistes.»
Ce seront donc les traders, les gérants de fonds ou les conseillers en fusions-acquisitions sis à Londres ou à New York qui, au sein des deux grandes banques suisses, vont le plus bénéficier de cette manne vertigineuse. Et pour cause: il y règne là -bas une concurrence féroce pour s'arracher les meilleurs. «Vous devez payer ce qu'il faut pour attirer les talents, confirme ainsi Sandy Weill, l'ex-président de Citigroup, la plus grande banque universelle américaine. Sinon, ils iront voir ailleurs.»
L'UBS et le Credit Suisse, qui ont de puissantes divisions d'investment banking, s'alignent dès lors simplement sur leurs concurrentes anglo-saxonnes où un courtier performant, par exemple, touchera à Londres entre 1 et 2 millions de bonus, une somme qui peut carrément décupler à Wall Street. L'an dernier, un gérant de hedge funds de l'UBS a ainsi déjà touché… 100 millions de bonus, c'est-à -dire cinq fois plus que son président, Marcel Ospel.
Salariés suisses frustrés
Pendant ce temps, l'Association suisse des employés de banques (ASEB) fait grise mine face à la réévaluation linéaire pour 2006, accordée aux salariés suisses de 2,5%: «Au vu des records que les banques multiplient, déclare ainsi sa secrétaire centrale Marie-France Goy, une augmentation de 3% de la masse salariale ne relèverait pas de l'ivresse des sommets.» Cette dernière fustige également l'énorme disproportion et le manque absolu de transparence dans l'attribution de ces bonus: «Cette politique est source d'insatisfaction au sein du personnel.»

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