Signé Hentsch et Pennone

Le dernier-né des fonds immobiliers est doté d'une fortune de 260 millions de francs et ses investissements sont concentrés sur l'arc lémanique. Il n'est pas pour autant la copie conforme de ses prédécesseurs. Loin de là. Tout d'abord la raison sociale de la société qui le dirige - Fidfund Management - trahit ses origines anglo-saxonnes. Elle a été créée par la Lloyd's Bank et son siège est établi à Saint-Cergue, pour des raisons essentiellement fiscales. Fin 2001, elle a été reprise par deux investisseurs genevois, Benedict Hentsch et Robert Pennone. Fidfund occupe 35 collaborateurs dans ses bureaux jurassiens et gère 53 fonds de placement, y compris DREF, ce qui en fait la troisième société active dans ce domaine, derrière les deux grandes banques commerciales, UBS et Credit Suisse. Le patrimoine immobilier de DREF est pour l'heure constitué d'une bonne trentaine d'immeubles situés entre Genève et le Chablais. «Nous entendons avoir une approche très dynamique du marché, ce qui n'est pas la règle dans les fonds immobiliers. Les taux d'intérêt demeurant bas, notre stratégie vise à consacrer 20% de la fortune du fonds, soit le maximum autorisé par la loi, à la promotion immobilière», affirme Christian Piguet, directeur de Fidfund. De l'arc lémanique, il prévoit d'étendre ses investissements sur les pôles de développement économique situés le long des axes de communication. Des projets existent sur la Riviera neuchâteloise, dans le cadre d'un EMS, et dans la région de Fribourg. A elles seules, les nouvelles constructions qui devraient démarrer durant le deuxième semestre de l'an prochain sont devisées à plus de 100 millions de francs.

Endettement maximum

Si DREF se distingue des autres fonds immobiliers par un taux de constructions particulièrement élevé, il demeure réservé à l'égard des acquisitions. «Nous ne nous intéressons qu'aux immeubles dont le prix de revient total est inférieur à l'estimation des experts», affirme encore Christian Piguet. Le parc en portefeuille accuse d'ailleurs un âge moyen assez élevé. Les logements qui seront rénovés - et les loyers réadaptés - offrent un potentiel de rendement fort intéressant.

Le fonds entend exploiter pleinement ses possibilités d'endettement (autour de 40% si les taux restent bas) mais des augmentations de capital sont déjà prévues pour l'an prochain et en 2008 pour financer le catalogue de nouveau projets. Le titre DREF présente un prix d'entrée en Bourse considéré comme intéressant, avec un agio de 10% seulement. «Last but not least», il s'est inspiré du modèle Solvalor pour exonérer les détenteurs de parts de toute charge fiscale.