D'autres se montrent plus dubitatifs, comme le représentant libyen, Choukri Ghanem. "Je ne l'exclus pas, mais je ne pense pas que ce soit une nécessité absolue", a-t-il dit.

Il a toutefois jugé, comme tous les ministres de l'Opep, que le niveau des stocks de pétrole dans les pays consommateurs était trop élevé et posait problème.

Le Saoudien al-Nouaïmi avait provoqué une mini-onde de choc la semaine dernière sur les marchés en affirmant que ces stocks étaient trop élevés de 100 millions de barils, suggérant ainsi qu'il appuierait une baisse de production jeudi.

Si bien que les analystes ne savent plus bien sur quel pied danser. "Depuis quelques jours, on devine une légère note de discorde" au sein de l'Opep, remarque Mike Wittner, analyste à la banque Calyon.

"De nombreux opérateurs pensent que l'Opep va annoncer jeudi qu'elle réduit sa production. Mais on ne peut en aucun cas en être absolument sûr", note également Michael Davies, de Sucden.

Les analystes reconnaissent qu'un très grand nombre de facteurs entreront en ligne de compte dans leur décision, comme la chute du dollar ou la santé de l'économie mondiale.

La Banque mondiale vient d'estimer dans un rapport que celle-ci se trouve "à un tournant" et que les risques de crash immobilier ou de surchauffe sont loin d'être nuls, même si elle privilégie pour l'instant un scénario d'atterrissage en douceur.

Dans un tel contexte, une nouvelle baisse de production de l'Opep "aurait probablement pour effet de tendre encore davantage les marchés pétroliers, et affecter les pays importateurs pauvres et riches à un moment où la croissance économique semble plus fragile qu'à aucun moment depuis 2001", note Ed Morse, de Lehman Brothers.

L'Agence internationale de l'énergie, voix des pays consommateurs, a émis mercredi un message similaire, jugeant dans son rapport mensuel que la première baisse de production décidée par l'Opep lors de sa réunion de Doha fin octobre risque déjà de "rendre le marché plus tendu cet hiver".

La situation est d'autant plus compliquée que l'Opep a des problèmes de discipline et n'a pas totalement mis en oeuvre la baisse de production de 1,2 million de barils par jour décidée à Doha.

Toujours selon l'AIE, l'Opep, qui représente environ 40% de la production mondiale, n'a en réalité réduit sa production que de 555.000 bj en novembre par rapport à octobre. Elle produit 28,9 mbj.

De nouveaux éléments devraient filtrer mercredi soir après la réunion du Comité de surveillance des marchés (MMSC) de l'Opep, constitué des représentants du Nigeria, de l'Iran et du Koweït, et dont l'avis est consultatif.

© AFP Agence France-Presse