La Banque cite quatre grands risques:

- une crise immobilière pourrait provoquer une récession aux Etats-Unis. Le marché s'est retourné cette année et il y a un risque que le ralentissement soit beaucoup plus important, souligne la Banque, selon qui "un tel choc provoquerait une récession aux Etats-Unis". Cela conduirait à un ralentissement de la croissance dans d'autres parties du monde, "mais pas forcément à une récession, notamment dans les pays en développement", a estimé M. Timmer.

- une période de surchauffe de l'économie mondiale pourrait entraîner ensuite un ralentissement plus marqué. De plus, "des pressions inflationnistes pourraient continuer à apparaître" et on ne peut exclure que les prix des matières premières augmentent encore.

- un choc pétrolier pourrait perturber la croissance.

- les déséquilibres mondiaux pourraient avoir des problèmes à se résorber en douceur. Pour la Banque mondiale, le risque à moyen terme est que les ajustements se fassent par le biais financier, si par exemple "les investisseurs perdent rapidement confiance dans le dollar, provoquant une crise des changes, des taux d'intérêt beaucoup plus élevés et un affolement des marchés financiers".

Le rapport, intitulé "Gérer la prochaine vague de la mondialisation", consacre une large part aux défis et aux opportunités de la globalisation des marchés.

"Le nombre de personnes ayant moins de 1 dollar par jour pour vivre pourrait être réduit de moitié, de 1,1 milliard actuellement à 550 millions en 2030", a estimé François Bourguignon, économiste en chef de la BM. Mais "certaines régions, notamment l'Afrique, courent le risque de rester à la traîne" et "les inégalités de revenus pourraient s'accentuer dans bien des pays", a-t-il ajouté.

La mondialisation "intensifiera probablement" les pressions sur le patrimoine mondial. "Les pays vont devoir faire un effort concerté pour renforcer leur rôle dans les domaines mettant en jeu les biens publics mondiaux, qu'il s'agisse de réduire le réchauffement planétaire, d'endiguer les maladies infectieuses comme la grippe aviaire, ou encore d'empêcher la destruction des ressources halieutiques mondiales", note la Banque.

La BM estime que le réchauffement planétaire constitue un "risque grave", avec une hausse des émissions annuelles de gaz à effet de serre de l'ordre de 50% d'ici à 2030. Pour éviter cela, les responsables politiques devront promouvoir une croissance "propre", affirme-t-elle.

© AFP Agence France-Presse