Quant aux avantages de l'euro, qui permet de voyager dans 12 pays sans changer de monnaie, ils sont oubliés ou ignorés.

Pourtant, l'inflation est restée globalement sous contrôle à un peu plus de 2% ces dernières années, et les hausses de prix dans l'immobilier ou l'énergie sont sans lien avec le changement de monnaie. Certains produits ont même vu leurs prix reculer (dans la haute-technologie par exemple), font-elles valoir.

Il est vrai que la croissance économique promise se fait désirer: l'Europe a longtemps été la lanterne rouge mondiale face aux Etats-Unis et aux pays émergents. Elle ne relève que lentement la tête aujourd'hui.

La "stratégie de Lisbonne", censée faire de l'économie européenne la plus compétitive au monde, est en souffrance, tout comme le projet de "gouvernement économique" européen. En France, l'euro, jugé trop fort face au dollar et au yen, est volontiers montré du doigt pour expliquer la médiocrité des exportations françaises.

En filigrane, la critique vise tout particulièrement la BCE, accusée de détenir un pouvoir excessif et de ne se soucier que de l'inflation au détriment de la croissance.

Ce désamour a aussi des conséquences politiques: il a pesé lourd l'an dernier dans le rejet en France et aux Pays-Bas du projet de Constitution européenne.

Aujourd'hui, même si la Slovénie s'apprête à devenir au 1er janvier le 13e membre de la zone euro, la monnaie unique ne fait plus vraiment rêver les nouveaux pays membres de l'Union européenne, qui montrent nettement moins d'empressement que par le passé à l'adopter.

© AFP Agence France-Presse