Philip Morris flambe et quitte l’alimentaire
Par Crédit défisaclisation économie économique banques crédits moins d'impôts épargne, vendredi 2 février 2007 à 16:58 :: Economie :: #397 :: rss
Philip Morris flambe et quitte l’alimentaire
TABAC Le groupe Altria va se séparer de sa filiale Kraft Foods pour se recentrer sur les cigarettes, sa poule aux œufs d’or.
FRANÇOIS PILET AVEC LES AGENCES
Publié le 02 février 2007
DIVORCE: Réunis au sein du groupe Altria, Philip Morris et Kraft Foods seront séparés le 30 mars. Par la suite, le cigarettier devrait lui-même diviser ses activités américaines et internationales en deux entreprises distinctes. / AP
DIVORCE: Réunis au sein du groupe Altria, Philip Morris et Kraft Foods seront séparés le 30 mars. Par la suite, le cigarettier devrait lui-même diviser ses activités américaines et internationales en deux entreprises distinctes. / AP
L'ex-Philip Morris, diversifié depuis 1985 dans l'alimentation et rebaptisé Altria en 2003, a annoncé mercredi qu'il allait distribuer ses 89% d'actions Kraft à ses actionnaires le 30 mars, tout en annonçant des recettes florissantes pour ses activités tabac.
L'opération fera naître deux colosses distincts. D'un côté Altria, recentré sur les filiales Philip Morris USA et Philip Morris international, porté par Marlboro, première marque mondiale de cigarettes, assez riche pour racheter des rivaux et continuer son expansion.
De l'autre Kraft, second groupe alimentaire mondial, panier de marques phare (café Maxwell, biscuits Oreo et Nabisco…) solides mais moins rentables que la cigarette.
Une séparation à l'amiable
Les deux groupes ont de quoi séduire les marchés, qui parient déjà sur une nouvelle séparation dans les mois qui viennent entre Philip Morris USA, l'entité la plus menacée par la série de procès d'anciens fumeurs aux Etats-Unis, et Philip Morris International (PMI), basé à Lausanne, vache à lait du groupe. JP Morgan parie sur une décision de séparation dès août, mais le cigarettier se refuse encore à tout commentaire à ce sujet.
Le divorce à l'amiable de Philip Morris et de Kraft permettra à chacun de mieux gérer sa croissance, notamment par des acquisitions, pour se renforcer sur des marchés qui dans les deux cas sont très compétitifs, a expliqué le groupe. PMI est leader sur les marchés développés mais recherche des relais de croissance dans tous les pays émergents.
Sa stratégie d'expansion, mais aussi de hausse des prix des cigarettes, a rapporté gros en 2006: les ventes de tabac étaient en hausse aux Etats-Unis de 1,9% et de 6,6% à l'international (+7% pour la France), avec une part de marché mondiale en hausse, de plus de 42%.
Kraft à la traîne
Kraft a moins brillé, avec un chiffre d'affaires annuel stagnant (+0,7%) et un bénéfice opérationnel diminué de 4,8%. Les analystes se réjouissaient de la séparation à venir, soulignant qu'Altria a profité de l'atténuation des menaces juridiques. En août dernier, un procès-fleuve les a finalement exonérés d'une amende faramineuse.
«Le groupe a mis en avant un environnement juridique meilleur», a souligné la maison de courtage AG Edwards, qui s'attend à une prochaine décision de séparer Philip Morris USA et PMI, cette dernière ayant «constitué la majorité des gains de 2006».
Les marchés voient actuellement d'un bon œil les groupes de tabac: «nous pensons qu'Altria, excluant Kraft Foods, sera mieux à même d'augmenter ses dividendes», ajoute la note.
«PMI a une énorme capacité d'achat et des opportunités de croissance en Europe de l'Est, Indonésie, Amérique latine et Chine», a renchéri JP Morgan. Le meilleur moyen d'accroître ses profits sur un marché mondial du tabac globalement plat.

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