De l'autre Kraft, second groupe alimentaire mondial, panier de marques phare (café Maxwell, biscuits Oreo et Nabisco…) solides mais moins rentables que la cigarette.

Une séparation à l'amiable

Les deux groupes ont de quoi séduire les marchés, qui parient déjà sur une nouvelle séparation dans les mois qui viennent entre Philip Morris USA, l'entité la plus menacée par la série de procès d'anciens fumeurs aux Etats-Unis, et Philip Morris International (PMI), basé à Lausanne, vache à lait du groupe. JP Morgan parie sur une décision de séparation dès août, mais le cigarettier se refuse encore à tout commentaire à ce sujet.

Le divorce à l'amiable de Philip Morris et de Kraft permettra à chacun de mieux gérer sa croissance, notamment par des acquisitions, pour se renforcer sur des marchés qui dans les deux cas sont très compétitifs, a expliqué le groupe. PMI est leader sur les marchés développés mais recherche des relais de croissance dans tous les pays émergents.

Sa stratégie d'expansion, mais aussi de hausse des prix des cigarettes, a rapporté gros en 2006: les ventes de tabac étaient en hausse aux Etats-Unis de 1,9% et de 6,6% à l'international (+7% pour la France), avec une part de marché mondiale en hausse, de plus de 42%.

Kraft à la traîne

Kraft a moins brillé, avec un chiffre d'affaires annuel stagnant (+0,7%) et un bénéfice opérationnel diminué de 4,8%. Les analystes se réjouissaient de la séparation à venir, soulignant qu'Altria a profité de l'atténuation des menaces juridiques. En août dernier, un procès-fleuve les a finalement exonérés d'une amende faramineuse.

«Le groupe a mis en avant un environnement juridique meilleur», a souligné la maison de courtage AG Edwards, qui s'attend à une prochaine décision de séparer Philip Morris USA et PMI, cette dernière ayant «constitué la majorité des gains de 2006».

Les marchés voient actuellement d'un bon œil les groupes de tabac: «nous pensons qu'Altria, excluant Kraft Foods, sera mieux à même d'augmenter ses dividendes», ajoute la note.

«PMI a une énorme capacité d'achat et des opportunités de croissance en Europe de l'Est, Indonésie, Amérique latine et Chine», a renchéri JP Morgan. Le meilleur moyen d'accroître ses profits sur un marché mondial du tabac globalement plat.