Dans l'intervalle, le prix moyen du carburant à la pompe est passé de 1,85 à 2,27 dollars le gallon (3,8 litres), soit une hausse de 22,7%.

Les bénéfices engrangés ne sont qu'"une conséquence naturelle des prix de l'énergie record", selon Phil Flynn, de Alaron Trading, qui fait remarquer que la demande en pétrole est actuellement "à ses plus hauts niveaux depuis les années 70".
"Encore plus haut"
Ces bénéfices "pourraient aller encore plus haut", relève Fadel Gheit, analyste chez Oppenheimer, "car l'industrie pétrolière a sévèrement souffert des ouragans" Katrina et Rita qui ont frappé le sud des Etats-Unis à la fin de l'été.

Chevron a d'ailleurs souligné que ses bénéfices avaient souffert d'un manque à gagner de 1,4 milliard de dollars au second semestre à cause des dégâts causés par les ouragans sur ses installations.

La vague de protestations suscitée aux Etats-Unis par ces profits jugés insolents s'est toutefois sensiblement apaisée.

A la suite des pics atteints par le carburant après Katrina --plus de 3 dollars le gallon--, plusieurs parlementaires avaient plaidé pour une taxe sur les bénéfices des compagnies pétrolières pour subventionner le prix de l'essence.

A la mi-novembre, le Sénat avait adopté une législation renforçant les moyens de poursuivre les groupes qui gonfleraient artificiellement les prix.

Les PDG de cinq pétroliers américains avaient même été entendus par une commission parlementaire en novembre. Ils ont ensuite été accusés d'avoir dissimulé lors de l'audition leur participation à un rapport sur la politique de l'énergie établi par le vice-président Dick Cheney en 2001.