Sur l'arc lémanique, locataires e t propriétaires partagent évidemment ce constat, mais, dans cette région, «une baisse des prix n'est pas encore à l'ordre du jour, constate l'expert de Wüest & Partner. En revanche, à l'achat, les prix n'augmenteront plus dans la même ampleur. Quant aux locataires, ils peuvent encore moins compter sur une baisse de leur loyer.» C'est que les statistiques peuvent être trompeuses. Les agglomérations lausannoise et genevoise ont beau afficher respectivement +59,4% et +31,5% de nouvelles constructions au dernier trimestre 2006, cela ne se traduit concrètement que par un «nombre ridicule» de nouveaux logements, déplore Hervé Froidevaux. Et sur l'année 2006, Genève a même moins construit qu'en 2005 (voir infographie).

Alors, ne reste-t-il qu'à émigrer vers des régions moins attractives? Pas forcément. Chez Wüest & Partner, on décèle même des raisons d'espérer. «Prenez le cas de Lausanne. La Municipalité met à disposition des terrains en droit de superficie, ce qui permet de beaucoup bâtir à l'Ouest et sur les hauts de la ville, même si cela n'est pas encore suffisant», déclare Hervé Froidevaux.

Selon cet expert, même la situation genevoise pourrait s'améliorer. Notamment, grâce au spectaculaire accord passé en décembre dernier entre milieux immobiliers, associations de locataires et état. Son objectif: la refondation de la politique du logement – réforme du logement social à la clé – après des décennies de blocages. Pour Hervé Froidevaux, c'est un signe «que l'on va plutôt dans la bonne direction».
Adieu les enfants, adieu la villa! Les propriétaires vieillissants se tournent vers la PPE

A. K.

Un bureau spécialisé zurichois, le Informations-und Ausbildungszentrum (lazi) en est convaincu: en Suisse, sur le marché des logements à vendre, les PPE (propriétés par étages) sont une valeur sûre. Elles attirent de plus en plus d'acheteurs et cela ne fait que commencer. Tout simplement parce que les propriétaires de villas qui vieillissent trouvent moins d'attrait à leur maison. L'entretien du jardin, qui faisait la joie des enfants, devient une source de tracas (ah, cette pelouse à tondre, ces rosiers à tailler…) et les escaliers intérieurs peuvent se transformer en obstacles pénibles ou en dangers potentiels. Selon ce bureau, comme la population âgée ne va pas cesser de croître, la PPE est forcément un marché d'avenir.

Chez Wüest & Partner, Hervé Froidevaux est moins catégorique. «Oui, la PPE est un produit intéressant, mais elle n'attire de loin pas que les propriétaires qui avancent en âge et dont les enfants sont partis.» Selon le spécialiste, cette catégorie de la population s'intéresse aussi beaucoup à de «nouveaux types de location qui leur offrent des services supplémentaires à la demande, suivant leur état de santé.»

Autres acheteurs potentiels à ne pas négliger non plus: «les locataires qui franchissent le pas de l'accession à la propriété».
© Edipresse Publications SA, tous droits de reproduction