Les Bourses mondiales toujours déprimées au terme d'une semaine noire
Par Crédit défisaclisation économie économique banques crédits moins d'impôts épargne, vendredi 2 mars 2007 à 16:10 :: Bourse :: #495 :: rss
Les Bourses mondiales toujours déprimées au terme d'une semaine noire
NEW YORK (AFP)
Des passants se réflètent dans la vitre d'un tableau de cotation à Tokyo le 2 mars 2007© AFP Yoshikazu Tsuno
La plupart des Bourses ont accru un peu plus leurs pertes vendredi, au terme d'une semaine noire pour les investisseurs de la planète, les risques pesant sur l'économie mondiale ayant fini par faire plonger les marchés des sommets auxquels ils s'étaient récemment hissés.
Wall Street accentuait ses pertes à la mi-journée, le Dow Jones cédant 0,76% tandis que le Nasdaq perdait 1,2% vers 19H00 GMT.
Ce nouveau recul portait à environ 4% la baisse du Dow Jones depuis le début de la semaine.
"Le pessimisme sur les marchés boursiers a rapidement pris le pas sur l'optimisme ambiant", a souligné Al Goldman, analyste d'AG Edwards.
Des traders à la Bourse de New York, le 28 février 2007© AFP Stan Honda
"Il ne fait pas de doute que les précédentes séances ont été un choc pour la plupart des investisseurs et cela pourrait prendre plusieurs jours avant que la confiance revienne", a-t-il poursuivi.
En Europe, la plupart des places ont encore creusé leurs pertes, Francfort cédant 0,56%, Paris 0,62%, Amsterdam 0,37% et Stockholm 0,73%, mais Londres a fini stable, tandis que Zurich a gagné 0,19% et Bruxelles 0,10%.
Cette semaine, les Bourses européennes se sont éloignées des sommets pluri-annuels, voire historiques, qu'elles avaient atteints ces dernières semaines. L'indice paneuropéen Eurostoxx 50 a subi comme le Dow Jones son pire recul hebdomadaire depuis quatre ans en chutant de 5,4% sur les cinq dernières séances.
En Asie, Tokyo a reculé encore de 1,35%, portant son repli sur la semaine à 5,34%. Sydney a perdu 0,42%, Séoul 0,20% et Manille 1,56%. En revanche, Hong Kong a regagné 0,49% et Shanghaï, dont la chute de près de 9% avait déclenché la tourmente mondiale mardi, s'est reprise de 1,23%.
Moscou a cédé juste 0,07%.
Les marchés avaient grimpé de façon quasi ininterrompue depuis le printemps 2006, portés par la progression des bénéfices des entreprises et une frénésie de rachats et fusions de sociétés. Mais l'euphorie a laissé place depuis mardi à l'inquiétude.
Au coeur des préoccupations: la croissance américaine qui devrait tomber selon les économistes entre 2 et 2,5% cette année, après 3,3% en 2006, et une série de mauvaises nouvelles ces derniers jours, dont l'évocation d'une possible récession aux Etats-Unis par l'ancien patron de la banque centrale américaine Alan Greenspan, ont alimenté l'onde de choc sur les marchés.
La chute des Bourses "illustre à quel point les valeurs de certains placements avaient été gonflées par l'abondance des liquidités", relèvent les analystes de la banque française BNP Paribas, qui estiment que "la révision en baisse des perspectives de la croissance américaine" va conduire à une remontée de la prime de risque et un accroissement de la volatilité sur les marchés.
Selon plusieurs analystes, les investisseurs craignent également un essoufflement de la pratique du +carry trade+, qui consiste à emprunter de l'argent dans les pays, où les taux d'intérêt sont bas, comme au Japon, et à le placer notamment sous forme d'actions ou d'obligations dans autres pays. Une forte remontée des taux japonais sonnerait le glas de cette manne financière.
De l'avis général, les turbulences boursières risquent de se poursuivre tant que l'incertitude dominera sur la gravité du ralentissement économique aux Etats-Unis, où les prochaines données sur le marché de l'emploi, attendues dans une semaine, seront scrutées avec attention par les opérateurs.
Mais la chute générale des marchés pourrait aussi donner l'occasion à certains investisseurs de racheter en masse des actions, en pariant sur une remontée qui leur permettrait d'empocher d'importantes plus-values.
Ainsi à Tokyo, "les actions vont rebondir la semaine prochaine parce qu'elles ont déjà touché un plus bas", s'est risqué à prédire Kenichi Azuma, stratège chez Cosmo Securities.


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