Dans la soirée, le groupe a confirmé cependant des informations de presse annonçant la "démission" du président du conseil de surveillance de Carrefour, Luc Vandevelve, à ce poste depuis 2005.

Ce dernier, qui était sur la sellette depuis plusieurs semaines, a été poussé vers la sortie. Il a été remplacé aussitôt par Robert Halley, qui représente la famille Halley.

Robert Halley est le frère de Paul-Louis Halley, décédé accidentellement en décembre 2003. Ce dernier, fondateur du groupe de distribution Promodès, avait fusionné son groupe avec Carrefour en 1999.

En revanche, le conseil de surveillance a confirmé "à l’unanimité" "sa confiance dans le président du directoire José Luis Duran "pour poursuivre la stratégie engagée depuis deux ans".

L'arrivée de Bernard Arnault et du fonds Colony Capital ne serait pas le prélude à une OPA sur le groupe, selon des analystes.

"Il s'agit d'un investissement stratégique et industriel qui s'inscrit dans la durée", ont assuré les deux investisseurs. "La famille Halley, avec laquelle aucun accord n'a été passé, a été prévenue après l'achat des actions sur le marché", a précisé un porte-parole des deux groupes.

Aucun pacte d'actionnaires n'a été conclu, selon des sources de marché, et les intentions futures des deux nouveaux actionnaires restent floues.

Même si l'entrée de nouveaux investisseurs a créé une relative surprise, les dissensions entre la famille Halley et son ancien homme de confiance Luc Vandevelve, ainsi que la fièvre spéculative qui entoure le titre Carrefour depuis le début de l'année, laissait entrevoir l'arrivée d'un nouvel entrant.

Un porte-parole des deux groupes a indiqué mercredi à l'AFP que "l'achat des titres Carrefour (avait) commencé sur le marché il y a plusieurs semaines, franchissant le seuil des 5% la semaine dernière".

Selon les calculs de l'AFP, les 64 millions d'actions acquis par Groupe Arnault et le fonds Colony Capital, spécialisé dans l'immobilier, sont valorisés autour de 3,45 milliards d'euros, au cours de clôture de l'action Carrefour mardi soir (53,90 euros).

Au-delà du coup de force de Blue Capital, le marché s'interroge toujours sur la stratégie à venir de la famille Halley, alors que l'hypothèse de son possible désengagement du groupe a été évoquée par les marchés.

Le récent "divorce" entre le premier actionnaire du groupe Carrefour et Luc Vandevelve, qui était depuis des années son homme de confiance et le gestionnaire de leur fortune, est venu alimenter cette hypothèse. Evincé brutalement de la tête de la holding Halley, un poste qu'il occupait depuis 2004, Luc Vandevelve a été remplacé par un proche de la famille Halley, Bernard Bontoux.

Presque simultanément, Luc Vandevelde avait annoncé avoir acheté pour près de 10 millions d'euros d'actions Carrefour.

© AFP Agence France-Presse