Le ministre koweïtien de l'Energie, cheikh Ali Jarrah al-Sabah est du même avis: "Nous ne jugeons pas nécessaire de réduire la production pour le moment. Il y a un équilibre entre l'offre et la demande et les cours sont bons", a-t-il également soutenu mardi.

"Rien ne justifie pour le moment une réduction du plafond de production de l'Opep car le marché est actuellement équilibré", a renchéri le représentant libyen et chef de la compagnie nationale de pétrole libyenne, Choukri Ghanem.

Le chef de file du cartel, le ministre saoudien du pétrole Ali Al-Nouaïmi, s'est en revanche montré plus mystérieux, se contentant de dire qu'il réservait sa réponse au lendemain.

L'Opep n'a plus d'objectif de cours affiché depuis environ deux ans mais les pays producteurs sont bien conscients que des cours trop élevés ne peuvent que pousser les pays consommateurs à se tourner vers d'autres énergies.

Selon les analystes, l'Opep, si elle veut réellement se garder de toute chute des cours avant le printemps, une période toujours plus délicate à gérer pour elle puisqu'elle est synonyme de nette baisse de la demande, pourrait se contenter d'appliquer à la lettre ses décisions passées, qu'elle ne respecte guère pour le moment.

L'Opep-10 (hors Irak et Angola, qui ne font pas partie du système de quotas) produit actuellement nettement au-delà du niveau qu'elle s'est fixé lors de sa précédente réunion, en décembre à Abuja (Nigeria).

Elle a produit en février 26,54 millions de barils par jour (mbj), alors qu'elle s'était fixé pour objectif 25,8 mbj, selon les estimations de la revue spécialisée Argus.

Mais même un tel niveau risque de ne pas suffire, juge l'AIE, qui représente la voix des pays consommateurs, et dont les prévisions et estimations sont suivies avec beaucoup d'attention par les marchés.

"La tendance des stocks et des prix signale que des exportations plus importantes de l'Opep seront nécessaires dans les mois à venir", a-t-elle jugé dans son rapport mensuel paru mardi.

Les stocks de produits pétroliers des pays consommateurs, parfois présentés comme un coussin de sécurité, ont nettement régressé depuis deux mois, et sont désormais sur une pente qui donne des "raisons d'être inquiet", selon l'AIE.

Pour autant, l'AIE n'a revu qu'en légère baisse sa prévision de demande mondiale de pétrole pour 2007, en raison des températures exceptionnellement douces qui ont touché l'Europe et pèsent sur la demande de fuel domestique. Elle table sur une demande de 86 mbj en 2007, en hausse de 1,8%.

© AFP Agence France-Presse