Après des années d'euphorie qui ont dopé la croissance de la première économie mondiale, le marché immobilier américain s'est retourné fragilisant en particulier les sociétés spécialisées dans l'octroi de crédit à risque aux ménages faiblement solvables. Ce qui fait craindre un ralentissement plus accentué que prévu de la croissance globale du pays.

Quelque 2,2 millions de foyers américains risquent de perdre leur maison d'ici à la fin de l'année, incapables de faire face à des échéances toujours plus hautes, basées sur ces prêts à hauts risques.

Le système fonctionne en effet tant que les prix continuent à grimper et que les ménages concernés peuvent renégocier plusieurs fois leurs emprunts en se basant sur la hausse de la valeur de leur maison.

New Century, l'une des principales sociétés américaines concernées, a annoncé être en quasi-faillite cette semaine. Son cours en Bourse a perdu 90% depuis le début de l'année.

Les analystes relativisent en soulignant que les risques de propagation au secteur bancaire traditionnel sont minimes. Et le secrétaire au Trésor américain Henry Paulson s'est voulu rassurant mardi, estimant que les fondements de l'économie nationale restaient solides.

"Nous effectuons une transition réussie d'une économie qui progressait à un rythme qu'elle ne pouvait soutenir à un rythme plus durable", a-t-il dit.

Un constat partagé par l'OCDE. L'organisation a estimé mardi que la croissance américaine restera "inférieure à son potentiel à court terme" du fait du ralentissement immobilier. Mais "pour l'instant on a quelque chose qui ressemble à un atterrissage en douceur" et un scénario de récession "n'est pas le plus probable", a dit son chef économiste Jean-Philippe Cotis.

© AFP Agence France-Presse