Autre «people» de l’affaire, le clan Rafsandjani. C’est notamment par l’intermédiaire d’une fondation impliquant l’entourage du fils de l’ancien président iranien, Mehdi, que Total aurait élaboré son système de pots-de-vin. Ces versements auraient continué après 2003, date à laquelle la France a finalement et tardivement ratifié la convention de l’OCDE qui proscrit toute commission à un agent public.
Ces bakchichs étaient légaux jusqu’en 2003

«Avant ce texte, précise Xavier Harel, journaliste spécialiste des questions pétrolières (Afrique, pillage à huis clos, Fayard), il était parfaitement légal de corrompre un fonctionnaire étranger. Ce bakchich était même déductible des impôts et les dirigeants français allaient négocier chaque année leur déduction fiscale à Bercy. On appelait ça le confessionnal.» D’ailleurs, dansle Monde, l’avocat de Margerie ne conteste pas «la matérialité des faits, mais rien ne dit que le droit iranien ne permettait pas ce genre de pratiques.»

C’est la justice suisse qui a transmis à la France un certain nombre de documents. Saisie de faits de blanchiment, elle a bloqué près de 9,5 millions de francs suisses (5,5 millions d’euros) se trouvant sur deux comptes d’un intermédiaire suisse d’origine iranienne, choisi par Total pour négocier le contrat en Iran. Le tout via un mystérieux cabinet de consulting, Boston. Cet intermédiaire serait, selon l’une des quatre personnes entendues mercredi en garde à vue, l’ancien secrétaire de Mehdi Rafsandjani.

On évoque également la société Telliac (palindrome de
son gestionnaire Caillet), aujourd’hui en sommeil, qui, depuis Chêne-Bougeries et le canton de Vaud, servait d’intermédiaire dans le versement de commissions occultes. Total n’en a pas fini avec la justice puisque deux enquêtes sont encore ouvertes contre elle, en Irak et au Cameroun.