Le directeur général du quatrième groupe pétrolierau monde est mis en examen
Par Crédit défisaclisation économie économique banques crédits moins d'impôts épargne, samedi 24 mars 2007 à 17:49 :: Cours pétrole or platine cuivre :: #553 :: rss
Le directeur général du quatrième groupe pétrolierau monde est mis en examen
On reproche au tout nouveau directeur – il avait été nommé en février, le jour de la Saint-Valentin – d’avoir versé des «commissions occultes» pour 60 millions d’euros entre 1996 et 2003. Dans le but d’obtenir l’exploitation d’un champ gazier off shore dénommé South Pars, au large des côtes iraniennes.
Celui qu’on surnomme «le morse» à cause de la proéminence de sa moustache broussailleuse était alors en charge du Moyen-Orient. Via son porte-parole, il a annoncé qu’il ne démissionnerait pas.
Avec l’aval des plus hautes autorités
Dans cet imbroglio aussi clair que du mazout, on retrouve d’autres éminents personnages. D’abord, c’est Philippe Courroye qui instruit le dossier. Ce juge de 48 ans, proche de l’UMP et de Nicolas Sarkozy, vient d’être nommé procureur du prestigieux parquet de Nanterre contre l’avis du Conseil supérieur de la Magistrature. Dans son édition d’hier, Libération, citant un proche du dossier, rappelait «innocemment» que de tels contrats se faisaient forcément «avec l’aval des plus hautes autorités de l’Etat». Ainsi, le premier ministre de l’époque, socialiste, s’appelait Lionel Jospin. Mais là , comme dans l’affaire des frégates de Taïwan, le secret défense devrait protéger l’ancien dirigeant.
Autre «people» de l’affaire, le clan Rafsandjani. C’est notamment par l’intermédiaire d’une fondation impliquant l’entourage du fils de l’ancien président iranien, Mehdi, que Total aurait élaboré son système de pots-de-vin. Ces versements auraient continué après 2003, date à laquelle la France a finalement et tardivement ratifié la convention de l’OCDE qui proscrit toute commission à un agent public.
Ces bakchichs étaient légaux jusqu’en 2003
«Avant ce texte, précise Xavier Harel, journaliste spécialiste des questions pétrolières (Afrique, pillage à huis clos, Fayard), il était parfaitement légal de corrompre un fonctionnaire étranger. Ce bakchich était même déductible des impôts et les dirigeants français allaient négocier chaque année leur déduction fiscale à Bercy. On appelait ça le confessionnal.» D’ailleurs, dansle Monde, l’avocat de Margerie ne conteste pas «la matérialité des faits, mais rien ne dit que le droit iranien ne permettait pas ce genre de pratiques.»
C’est la justice suisse qui a transmis à la France un certain nombre de documents. Saisie de faits de blanchiment, elle a bloqué près de 9,5 millions de francs suisses (5,5 millions d’euros) se trouvant sur deux comptes d’un intermédiaire suisse d’origine iranienne, choisi par Total pour négocier le contrat en Iran. Le tout via un mystérieux cabinet de consulting, Boston. Cet intermédiaire serait, selon l’une des quatre personnes entendues mercredi en garde à vue, l’ancien secrétaire de Mehdi Rafsandjani.
On évoque également la société Telliac (palindrome de
son gestionnaire Caillet), aujourd’hui en sommeil, qui, depuis Chêne-Bougeries et le canton de Vaud, servait d’intermédiaire dans le versement de commissions occultes. Total n’en a pas fini avec la justice puisque deux enquêtes sont encore ouvertes contre elle, en Irak et au Cameroun.

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