"Cet incident militaire est très sérieux pour le marché" du pétrole et incite les investisseurs à réinjecter "une prime de risque" dans le niveau des cours, a estimé John Kilduff, analyste de la maison de courtage Fimat.

"Ce type d'incident est exactement le genre de choses qui alimentent les craintes d'une conflagration mondiale autour du pétrole", a ajouté M. Kilduff.

"Il est trop tôt pour juger de la gravité de l'incident, mais il est potentiellement explosif", a-t-il averti.

L'Iran est le quatrième producteur mondial de brut et le marché craint que les tensions autour du programme nucléaire iranien ne perturbent l'approvisionnement en or noir en provenance de la région du Golfe.

Cet incident a eu lieu alors qu'un projet de renforcement des sanctions contre l'Iran, visant son programme nucléaire controversé, doit être soumis au vote du Conseil de sécurité de l'ONU samedi.

Les mesures envisagées comprennent un embargo sur les achats d'armes à l'Iran et des restrictions volontaires aux ventes d'armements à ce pays, des restrictions financières et commerciales, ainsi que sur les voyages de certaines personnalités iraniennes liées au programme nucléaire.

Par ailleurs, "il y a une demande record d'essence aux Etats-Unis pour un mois de mars et le taux de fonctionnement des raffineries est faible, ce qui contribue à faire monter les cours", a aussi indiqué M. Kilduff.

"Les cours du brut ont été en grande partie soutenus par ceux de l'essence", a renchéri Ed Meir, de Man Energy. "Il y a une grande nervosité concernant ce carburant à l'approche de l'été", a ajouté l'analyste.

Les stocks américains d'essence sont en déclin depuis six semaines et ont baissé d'environ 15 millions de barils sur la période, alors que le marché les surveille de près à l'approche de la saison des grands déplacements en voiture, pic annuel de la consommation d'essence aux Etats-Unis.