Selon le Financial Times paru lundi, l'AMF s'intéresserait en particulier à d'éventuelles manipulations des cours de France Télécom, Carrefour, Eiffage, Vinci et Atos Origin.

Selon France Télécom, des rumeurs ont fait perdre jusqu'à 3% à son action mardi, obligeant le directeur financier à confirmer ses prévisions, lors d'une conférence d'analystes organisée mardi après-midi par la banque Citigroup à Londres. L'action n'a finalement cédé que 0,81% mardi.

Dans le cas de Valeo, l'action s'est envolée "après l'envoi d'un fax anonyme à plusieurs journaux annonçant une offre du fonds d'investissement américain Apollo", affirme lundi le quotidien économique les Echos.

L'action Valeo a pris 7,7% en deux jours, les 22 et 23 mars, qui ont vu 6 millions d'actions changer de mains, soit une moyenne quotidienne 4 fois supérieure à celle de février.

Le 22 mars, Les Echos écrivaient que le fonds Apollo pourrait lancer une offre d'achat sur l'équipementier automobile, avec l'appui des banques conseil Lazard et Merrill Lynch. Dans la soirée, le conseil d'administration de Valeo confirmait "avoir reçu d'un fonds d'investissement une manifestation d'intérêt".

Les deux jours précédents, les échanges moyens sur l'action Valeo avaient représenté près de trois fois la moyenne quotidienne de février.

Les échanges ont aussi gonflé spectaculairement sur Eiffage, dont le cours a bondi de 40,1% durant la troisième semaine de mars, avec 4,5 millions d'actions échangées, soit six fois le volume hebdomadaire moyen.

Le 22 mars, l'espagnol Sacyr Vallehermoso, interrogé par l'AFP, avait préféré ne pas commenter les rumeurs de marché lui prêtant une éventuelle intention de se renforcer au capital d'Eiffage, dont il détient déjà 32,1%.

Ce jour-là, la banque UBS avait relevé sa recommandation sur Sacyr Vallehermoso, en évoquant un possible rapprochement avec Eiffage, dans une note que s'était procurée l'AFP.

Le 29 mars, le concurrent français Vinci démentait "formellement les informations fantaisistes parues dans Le Monde sur un rachat d'actions d'Eiffage" pour permettre à son compatriote de résister à une offensive de l'espagnol. Le quotidien a retiré alors ces informations de son site Internet.

La veille, UBS avait abaissé sa recommandation sur Eiffage, en expliquant que Vinci a démenti, lors d'une conférence privée organisée mardi par la banque suisse, "tout intérêt pour Eiffage, pour des raisons évidentes de concurrence".