–Ce n’est pas chiffrable. Dans le segment de la haute horlogerie, les marques prestigieuses réalisent pendant ces 8 jours près de 50% de leurs affaires, parfois plus. Ces sociétés produisent souvent des pièces uniques, dont la fabrication demande des mois, voire des années. La plupart des commandes de ces pièces spéciales sont passées à Bâle, ce qui peut générer un chiffre conséquent. Les marques actives dans le moyen de gamme comme Tissot n’ont pas ce genre de contraintes. Moins de 10% de leurs commandes sont ainsi passées lors de ce salon.

–La très forte expansion de votre industrie consacre de nos jours surtout le luxe. Le milieu de gamme a-t-il dès lors encore de l’avenir?

–Bien évidemment! Nous ne générons pas seulement du volume et du trafic. Nous apportons également une contribution importante auprès du secteur horloger. Nous offrons aux gens, fortunés ou non, un accès à l’horlogerie suisse. Et cela marche. J’en veux pour preuve la croissance à deux chiffres de Tissot depuis plus de dix ans.

–Depuis quelques années, les contrefaçons empoisonnent le secteur horloger, y compris sur le site de Baselworld. Comment parvenez-vous à lutter contre les faussaires?

–Baselworld a mis en place depuis 1985 un panel composé de juristes et d’experts afin de lutter contre les contrefacteurs. Pendant le salon, chaque marque a la possibilité d’alerter ce panel de la présence de copies de leurs modèles. La saisie des contrefaçons est alors immédiate. Il s’agit là d’un concept de lutte unique au monde et le travail de ce panel est remarquable. L’année dernière, 36 plaintes ont ainsi été déposées, dont 27 violations et 2 retraits.

–Avec l’arrivée de nouvelles marques d’horlogerie-bijouterie, ne vous sentez-vous pas aujourd’hui un peu à l’étroit à Bâle?