OPEP du Gaz
Par Crédit défisaclisation économie économique banques crédits moins d'impôts épargne, jeudi 12 avril 2007 à 17:13 :: Economie :: #582 :: rss
OPEP du Gaz
APPROVISIONNEMENT: Les vannes de distribution d’Aigle de Gaznat SA, la société qui assure l’alimentation de toute la Suisse romande. A Vevey, le président Eric Defago, se dit «serein» à l’idée des changements à venir.ARCHIVES | FLORIAN CELLA
Après les chocs pétroliers, les chocs gaziers? Certaines déclarations à l’issue de la réunion du FPEG, lundi, à Doha, pouvaient le laisser entendre. A Vevey, Eric Defago, président de Gaznat, la société qui assure l’approvisionnement de toute la Suisse romande, se dit pourtant «serein». «On vit depuis longtemps avec l’OPEP et à part deux coups de semonce dans les années 70, il n’y a pas eu de problèmes.» Alors, si un cartel du gaz devait se constituer, «ce ne serait pas dramatique, car en fin de compte, c’est l’offre et la demande qui priment sur un marché», affirme le président de Gaznat.
Marché en mutation
Le marché du gaz, justement, est en pleine mutation. Ce qui explique les débats au sein du FPEG entre des pays comme l’Iran et le Venezuela, qui veulent suivre l’exemple de l’OPEP, et d’autres, comme le Qatar ou la Russie, qui entendent plutôt dans un premier temps réfléchir à une nouvelle manière de fixer les prix.
Pendant longtemps, la plus grande partie du gaz était transportée par pipelines. Conséquences: le marché était fragmenté en plusieurs zones (Amérique du Nord, Europe, Asie), les rapports étaient directs entre importateurs et exportateurs, les contrats établis sur plusieurs années en raison des énormes investissements nécessaires au transport et les prix différaient fortement entre les régions du monde.
Bientôt comme le pétrole
Mais la progression du recours au gaz naturel liquéfié (GNL) change désormais la donne. «Les progrès techniques ont rendu la transformation et le transport par mer du GNL moins coûteux et plus sûrs», explique Tobias Merath, spécialiste en matières premières au Credit Suisse. Du coup, selon cet expert «le futur, c’est un marché du gaz mondialisé, comme celui du pétrole. Nous n’y sommes pas encore aujourd’hui, mais ce n’est plus qu’une question d’années.» Ce sera alors la fin de la primauté des contrats à prix bloqués sur des années –?parfois jusqu’à 25 ans –?et le gaz se négociera aussi à court terme, comme le pétrole.
Cartel du gaz il y aura donc peut-être, mais le directeur de Gaznat espère que cette recomposition du marché passera plutôt par l’Union internationale de l’industrie du gaz (UIIG) dont le siège est à Vevey. «Cette organisation rassemble 67 pays, exportateurs et importateurs et elle fonctionne bien.»

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