Internet, TV numérique: la concurrence est rude

Mais cette transition –?même préparée – cache une révolution interne plus importante. Pour Martin Bouygues, «le nouveau PDG devra continuer à adapter TF1 aux nouvelles technologies de l’information, et conforter la chaîne sur le marché français.» Et là, c’est vrai, les défis qui attendent Nonce Paolini et sa toute nouvelle équipe (très différente, murmure-t-on, de la précédente, tant Le Lay et Mougeotte ont mené la Une à leur guise) sont de taille.

Si l’alchimiste de la programmation que fut Etienne Mougeotte a permis à TF1 d’obtenir, puis de conserver des parts de marché supérieures à 30%, les audiences ne cessent de s’éroder. L’irruption de la télévision numérique terrestre (TNT) a ainsi porté le nombre de chaînes gratuites accessibles en France de huit à… dix-huit. Et la montée en puissance des médias internet met également la chaîne en danger. Or, qui dit audience en recul, dit recettes publicitaires en baisse.

Une suprématie qui ne peut durer

Pour l’heure, TF1 contrôle 55% du marché français de la pub audiovisuelle, une manne qui lui permet de réaliser grâce à elle plus de la moitié de son chiffre d’affaires (1,7 milliard sur 2,7 milliards d’euros). Mais cette suprématie ne durera pas. Et Martin Bouygues le sait: Patrick Le Lay a, ces dernières années, multiplié les ratages de diversification technologique et d’acquisition (Canal+ en 2001 ou Kirch Media en 2002). En cinq ans, l’action TF1 a ainsi perdu 33%.