Un paquet de 6 millions d’euros auquel s’ajoute une «indemnité de non-concurrence» de 101?917 euros par mois pendant deux ans.

«C’est dégueulasse»

Le patron avait été éjecté en juillet 2006 en raison des retards accumulés sur la production de l’A-380. En conséquence, son successeur, Louis Gallois, avait annoncé un plan de restructuration, Power 8, avec 10?000 suppressions d’emplois à la clé.

Ségolène Royal a dégainé la première, hier matin, en affirmant que le package offert à Noël Forgeard était «un scandale» et une «provocation, surtout dans cette entreprise où l’Etat est actionnaire, l’Etat aurait très bien pu s’opposer à cette façon de faire». La candidate socialiste a aussitôt demandé le retrait du plan Power?8. Dans la foulée, François Bayrou s’est engagé à faire voter «une loi de moralisation économique» s’il était élu. A droite, le président de l’Assemblée nationale Patrick Ollier (UMP) s’est dit «indigné», estimant que la prochaine législature devra légiférer pour éviter de tels «excès».

Le candidat de Chasse, Pêche, Nature et Tradition, Frédéric Nihous, s’étranglait hier matin sur France Inter: «C’est dégueulasse, tous ces parachutes dorés, toutes ces primes à des gens qui ont planté leur entreprise». Il a fait valoir que «n’importe quel quidam dans sa boîte, qui fait des erreurs pareilles, est mis dehors et n’a pas d’indemnités».

Délit d’initié

L’assemblée générale d’EADS agendée le 4 mai tranchera sur la question du bonus qui devrait être accordé à l’ancien patron, dont le montant était prévu par son contrat de travail. Ce qui ne l’était pas, par contre, est le nombre de stocks options qui lui est accordé en complément. D’ici 2008, Noël Forgeard devrait pouvoir exercer 297?000 options, selon les performances du groupe.

En mars 2006, juste avant l’annonce des retards de livraison de l’A-380, Noël Forgeard avait réalisé une plus-value de 2,5 millions d’euros en exerçant une partie de ses options.

L’autorité française de surveillance des marchés financiers a ouvert une enquête, de même que le parquet de Paris, pour délit d’initié.