Le motif en a été le défaut de paiement d'une amende de 100 milliards de bahts (2,8 mds USD) infligée à la chaine à l'issue d'une bataille judiciaire sur sa licence d'exploitation.

Les organisations des droits de l'homme accusent les autorités de ne pas avoir cherché d'autre moyen de régler le différend.

La junte a par ailleurs adressé de sévères avertissements à des journaux accusés de trop écrire sur l'ancien Premier ministre Thaksin. Des émissions de CNN ou BBC sur le coup d'Etat ou le chef du gouvernement renversé ont également été bloquées.

Selon l'organisation Freedom Against Censorship (Liberté contre la censure), la junte a également bloqué 45.000 sites web. 85% sont considérés comme pornographiques mais le gouvernement a également interdit des sites politiques qui diffusaient notamment des débats sur la situation dans le Sud musulman, où une rébellion a fait plus de 2.000 morts.

"Le réflexe de répression reste très présent en Thaïlande. Je crois que cela date des années de la dictature", estime David Streckfuss, historien.

La Thaïlande a une longue histoire de coups d'Etat mais, quand le dernier avait eu lieu, en 1991, la révolution du Net en était encore à ses balbutiements dans le pays.

Cette fois-ci, les opposants ont des moyens beaucoup plus importants pour faire passer leur message.

"Les possibilités de défier le système se sont multipliées. Ils peuvent le faire en diffusant des vidéos sur YouTube, en envoyant des courriels, des SMS sur des téléphones portables...", dit M. Thitinan.

"La censure est aujourd'hui très difficile à faire appliquer, étant donné l'omniprésence de la technologie", souligne-t-il.

Le blocage de YouTube a ainsi non seulement été inefficace, car le site peut encore être consulté en Thaïlande, via un serveur étranger, mais il a plutôt envenimé les choses.

Juste après le blocage de l'accès au site en Thaïlande, et le retrait de la vidéo jugée offensante, plusieurs autres clips sont apparus, encore plus "insultants" pour le roi.

L'apparition de ces nouvelles vidéos est "un autre exemple de la stupidité et l'inefficacité de la censure", juge CJ Hinke, coordinateur de Freedom Against Censorship.