Du coup, la demande pour les produits de luxe a fortement augmenté. Et c’est Genève qui s’en frotte surtout les mains. Normal: «Les entreprises horlogères installées à Genève sont particulièrement actives dans le haut de gamme», explique Fredy Marti, secrétaire général de l’Union des fabricants d’horlogerie de Genève, Vaud et Valais (UFGVV).

Piaget, Vacheron Constantin, Chopard, Roger Dubuis, de Grisogono..., autant d’horlogers bijoutiers prestigieux qui attirent la clientèle fortunée issue de ces nouveaux marchés. Parmi les plus porteurs, citons la Chine – plus de 25% de croissance en 2006 pour les entreprises horlogères –, la Russie, l’Ukraine et leurs pays voisins ainsi que l’Inde, dont le potentiel s’affiche, selon les experts, bien supérieur à celui de la Chine.

LA CROISSANCE GLOBALE DU SECTEUR Alors que la croissance globale de l’horlogerie suisse a atteint 10,9% en 2006, celle du segment particulier du haut de gamme a, elle, dépassé les 20%. Pas étonnant dès lors que le secteur genevois a vu ses affaires flamber.

Selon les derniers chiffres de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève, le canton représente 30% du chiffre d’affaires de la branche, avec un total de 75 entreprises horlogères installées sur son territoire. Les perspectives de chiffre d’affaires pour 2007, elles, dépassent les 40% pour la plupart des sociétés. C’est dire si cette tendance à la hausse devrait se poursuivre encore quelque temps. Selon les estimations de la BCGE, la croissance de l’horlogerie à Genève devrait se monter à 4,4% ces prochaines années. Dans un contexte géopolitique mondial évidemment favorable, sans chute dramatique du dollar ou flambée du prix de l’or.

LES EXPORTATIONS L’industrie horlogère suisse, c’est 95% d’exportations», résume Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération suisse de l’industrie horlogère. Et pour cause: très chères, les montres prestigieuses issues du savoir faire helvétique trouvent difficilement preneur sur le marché national. En 2006, 13,7 milliards d’exportations horlogères ont été comptabilisés en Suisse sur un total de 180 milliards d’exportations. En clair, l’industrie horlogère helvétique représente environ 8% du PIB national.

LES EMPLOIS Un dynamisme qui va de pair avec la création d’emplois. Au total, 41 000 personnes travaillent en Suisse dans le secteur.

Une situation qui ne va pas, paradoxalement, sans poser quelques difficultés. Très ancrée sur le savoir faire et la haute technologie, l’horlogerie fait aujourd’hui face à une véritable pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

La faute au quartz qui, dans les années 80, découragea le monde horloger de perpétuer ses traditions. «Nous constatons un besoin réel dans les métiers de la mécanique ainsi que d’horlogers spécialisés dans les complications. Ce métier exige une grande expérience, et bon nombre d’horlogers qualifiés atteignent aujourd’hui l’âge de la retraite», explique Fredy Marti.