Toyota avait annoncé fin décembre qu'il comptait produire 9,42 millions de véhicules en 2007, ce qui lui permettra vraisemblablement de conserver longtemps son nouveau titre de numéro un mondial face à son rival américain.

"Je pense que cela va continuer grâce au fort soutien apporté par les consommateurs aux voitures compactes économes en carburant et respectueuses de l'environnement", a pronostiqué M. Mizuno.

Le groupe basé à Toyota City, près de Nagoya dans le centre du Japon, contrôle 15,7% du marché automobile aux Etats-Unis, grâce aux modèles hybrides dont il est le pionnier et à ses autres voitures peu gourmandes en carburant.

Il devrait annoncer le 9 mai un cinquième bénéfice net record pour l'exercice 2006-2007 clos fin mars. Son résultat d'exploitation devrait être supérieur à 2.000 milliards de yens (12,5 milliards d'euros), une première pour une entreprise japonaise tous secteurs confondus.

De son côté, General Motors a subi une perte de deux milliards de dollars en 2006, du fait de lourdes charges provisionnées pour financer sa restructuration en Amérique du nord où le groupe doit supprimer 35.000 emplois.

Mais le nouveau champion du monde japonais, qui fêtera cet été son soixante-dixième anniversaire, a le triomphe modeste.

"Il existe un conte à propos de trois dentistes: le premier affirme sur son enseigne qu'il est le meilleur dentiste du monde. Un autre qu'il est le meilleur dentiste du pays. Le troisième dit qu'il est le meilleur dentiste de la ville", déclarait en mars Akio Toyoda, vice-président et descendant des fondateurs de Toyota, dans une interview au quotidien économique Nikkei.

"Finalement les patients choisissent le meilleur dentiste de la ville. Je dis toujours: devenons le meilleur constructeur automobile de la ville", poursuivait-il, ajoutant que la priorité de Toyota restait la réduction de ses coûts et l'amélioration de la qualité de ses voitures.

Toyota craint visiblement que son succès ne lui monte à la tête ou, pire, ne déclenche une série de représailles protectionnistes de la part de Washington, comme ce fut le cas dans les années 1980.

"S'il y a un mot pour décrire la culture de Toyota, ce serait: paranoïaque", explique Christopher Richter, analyste chez CLSA Asia-Pacific Markets, ajoutant: "c'est plutôt rafraîchissant, pour un numéro un mondial".