"Voyez, nous avons battu des équipes avec des plus gros budgets. L'argent peut apporter de bons résultats, mais ça n'est pas une garantie", a-t-il déclaré après son élimination mardi.

De fait, Dawn Riley rappelle que certains défis américains avaient en vain "jeté de l'argent par les fenêtres" lors des dernières éditions de la Coupe à Auckland.

A l'inverse, pourtant, il a suffi à l'homme d'affaires suisse Ernesto Bertarelli de dépenser beaucoup d'argent pour "acheter l'expérience" d'un équipage néo-zélandais et ramener en 2003 la célèbre aiguière d'argent au pays alpin.

Un cas isolé? Pas si sûr, au cas où d'autres milliardaires américains, russes ou chinois décideraient de s'intéresser au prestigieux trophée au lieu d'acheter des clubs de football anglais.

Les marins et spécialistes présents cette année à Valence espèrent néanmoins que l'aspect sportif finira par l'emporter et que les plus riches ne sortiront pas toujours vainqueurs de l'épreuve.

"Avec un budget compris entre 50 et 65 millions" pour une campagne de 2 à 3 ans, si l'argent arrive assez tôt, on peut être parfaitement compétitif, estime Dawn Riley.

L'important, souligne-t-elle, est d'avoir un équipage expérimenté et deux bons bateaux pour s'entraîner, ce qui était le cas cette année des quatre syndicats qui ont atteint les demi-finales, mais pas celui d'Areva ou de Victory.

Le patron de Prada et du défi Luna Rossa, Patrizio Bertelli, avait critiqué il y a quelques mois le coût trop élevé de l'épreuve, en raison notamment de campagnes de préparation qui durent 3 ou 4 ans.

Alinghi, en cas de nouvelle victoire, envisage la prochaine édition dès 2009, peut-être à Valence, synonyme de coûts réduits.

Mais les Kiwis, s'ils gagnent, n'organiseront sans doute la nouvelle "Cup" qu'en... 2011, aux antipodes. Un éloignement qui fera sans doute hésiter les grosses entreprises européennes sponsors de l'épreuve. Mais pas nécessairement les milliardaires.