Coupe Louis-Vuitton: les syndicats les plus riches en demi-finales
Par Crédit défisaclisation économie économique banques crédits moins d'impôts épargne, mercredi 9 mai 2007 à 19:03 :: Economie :: #603 :: rss
Coupe Louis-Vuitton: les syndicats les plus "riches" en demi-finales
La Coupe Louis-Vuitton, qui doit désigner l'adversaire d'Alinghi pour la "Cup" fin juin, a livré cette semaine à Valence (est), après les premiers round robins éliminatoires, un verdict respectant la hiérarchie financière entre les 11 défis concurrents.Le Desafio Español, avec un budget d'environ 60 millions d'euros, est venu rejoindre mardi à ce stade de la compétition les Américains de BMW Oracle (120 M EUR), en tête du classement, les Italiens de Luna Rossa (90 M EUR) et les "Kiwis" d'Emirates Team New Zealand (75 M EUR).
Tous disposaient de ressources financières parfois nettement supérieures aux "petits" syndicats éliminés, comme les Français d'Areva Challenge (22 M EUR) et aspirent à affronter un "defender" suisse lui aussi richement doté, avec un budget de plus de 100 M EUR.
Est-ce à dire qu'il suffit de mettre un gros paquet d'argent sur la table pour remporter le plus ancien trophée sportif au monde, une épreuve qui a toujours attiré les milliardaires en quête de gloire planétaire?
Non, estime l'Américaine Dawn Riley, manager d'Areva: "L'argent, c'est très important, mais ça vient après la continuité d'un défi, l'expérience de la Coupe", a-t-elle indiqué à l'AFP, alors que les round robins de la Vuitton s'achevaient mercredi.
Un avis partagé par Magnus Holmberg, le skipper du défi Suédois Victory Challenge, qui avait presque jeté l'éponge fin 2005 par manque d'argent et a failli surpasser le Desafio avec un budget d'environ 40 millions d'euros.
"Voyez, nous avons battu des équipes avec des plus gros budgets. L'argent peut apporter de bons résultats, mais ça n'est pas une garantie", a-t-il déclaré après son élimination mardi.
De fait, Dawn Riley rappelle que certains défis américains avaient en vain "jeté de l'argent par les fenêtres" lors des dernières éditions de la Coupe à Auckland.
A l'inverse, pourtant, il a suffi à l'homme d'affaires suisse Ernesto Bertarelli de dépenser beaucoup d'argent pour "acheter l'expérience" d'un équipage néo-zélandais et ramener en 2003 la célèbre aiguière d'argent au pays alpin.
Un cas isolé? Pas si sûr, au cas où d'autres milliardaires américains, russes ou chinois décideraient de s'intéresser au prestigieux trophée au lieu d'acheter des clubs de football anglais.
Les marins et spécialistes présents cette année à Valence espèrent néanmoins que l'aspect sportif finira par l'emporter et que les plus riches ne sortiront pas toujours vainqueurs de l'épreuve.
"Avec un budget compris entre 50 et 65 millions" pour une campagne de 2 à 3 ans, si l'argent arrive assez tôt, on peut être parfaitement compétitif, estime Dawn Riley.
L'important, souligne-t-elle, est d'avoir un équipage expérimenté et deux bons bateaux pour s'entraîner, ce qui était le cas cette année des quatre syndicats qui ont atteint les demi-finales, mais pas celui d'Areva ou de Victory.
Le patron de Prada et du défi Luna Rossa, Patrizio Bertelli, avait critiqué il y a quelques mois le coût trop élevé de l'épreuve, en raison notamment de campagnes de préparation qui durent 3 ou 4 ans.
Alinghi, en cas de nouvelle victoire, envisage la prochaine édition dès 2009, peut-être à Valence, synonyme de coûts réduits.
Mais les Kiwis, s'ils gagnent, n'organiseront sans doute la nouvelle "Cup" qu'en... 2011, aux antipodes. Un éloignement qui fera sans doute hésiter les grosses entreprises européennes sponsors de l'épreuve. Mais pas nécessairement les milliardaires.

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