Au nom du groupe communiste, Marie-France Beaufils a fustigé un "projet particulièrement immoral". "Vous allez permettre aux plus riches d'augmenter leur patrimoine sans effort. Parallèlement, vous exigez des salariés qu'ils travaillent plus pour accéder à un salaire décent", a-t-elle résumé à l'adresse de Mme Lagarde.

Quelque 70 amendements sur 277 déposés ont été adoptés, qui ne modifient qu'à la marge l'architecture générale du projet de loi, dont tous les articles ont donné lieu à de longs débats de fond, faisant clairement ressortir les clivages politiques, avec en filigrane l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), que la gauche accuse la majorité parlementaire de s'employer à vider de son sens.

Le texte permet de déduire de l'ISF, à hauteur de 50.000 euros, 75% des investissements réalisés dans les PME et étend cet avantage aux souscriptions de parts dans les fonds d'investissement de proximité (FIP), avec dans ce cas un double plafond de 10.000 euros et de 50% du montant investi.

Les sénateurs ont en outre simplifié la mise en oeuvre du "bouclier fiscal", en prévoyant qu'au lieu de réclamer l'année suivante au fisc le remboursement du trop versé, le redevable de l'ISF pourra calculer lui-même le montant de son impôt en appliquant la règle selon laquelle la totalité de sa contribution ne saurait dépasser 50% de ses revenus.

L'abattement d'ISF sur la résidence principale, que les députés avaient fait passer de 20 à 30%, a été voté conforme.

Les heures supplémentaires et le travail étudiant seront exonérés de l'impôt sur le revenu et, pour une part, des cotisations sociales, tandis que les intérêts des emprunts immobiliers contractés pour l'achat de la résidence principale feront l'objet, les cinq premières années, d'un crédit d'impôt.