Quelles sont les raisons qui ont amené la Bourse suisse à ces modifications?
C'est le fruit d'une longue réflexion, menée depuis plusieurs mois et faisant suite àune certaine désaffection pour notre indice-vedette. Pour nous, il ne faisait aucun doute que ce manque d'attractivité est principalement dû au fait que le SMI est dominé par cinq poids lourds -UBS, Credit Suisse, Novartis, Roche, Nestlé - , qui pèsent pour 67% de la capitalisation totale. Nous avons planché avec des experts pour mettre en placede nouveaux modèles. D'où la création du SLI.

Le SLI est donc le successeur du SMI?
Le SMI est une «marque» si bien établie que ce serait un désastre de vouloir le remplacer. Il y aura toujours un marché pour le SMI, pour des investisseurs qui acceptent qu'il soit peu diversifié tout en étant représentatif de la réalité économique du pays. Mais l'environnement a considérablement évolué ces dernières années, et ce nouvel indice, même s'il est plus«fictif», répond aux impératifs financiers actuels, notamment du côté des fonds institutionnels étrangers. Ainsi, le SLI estcompatible aux normes d'outre-Atlantique, avec des valeurs qui n'excèdent pas 9% de la capitalisation globale de l'indice.

Reste que les compagnies éjectées du SMI estiment perdre en visibilité?
J'ai appelé personnellement ces entreprises, et elles n'étaient en effet pas très heureuses de ce changement. Par contre, la plupart se retrouvent doublement représentées dans le SLI et le SMIM. Une fois la réaction émotionnelle dépassée, ces firmes verront qu'elles seront encore plus visibles. Et les choses sont ainsi plus claires: dans le passé, le SMI fluctuait jusqu'à 27 indices. Là, la barre est fixée à 20. A l'époque de sa création, on pensait que le SMI allait pouvoir compter jusqu'à 30 sociétés. Chose qui ne s'est pas réalisée, les fusions et les OPA étant passées par là.