Le gisement d'Elandsfontein est présumé être le plus important de métaux PGM connu à ce jour. Ce qui correspond, selon Eland, à 33 années d'exploitation. Eland Platinum estime que quelque 4,9 millions de tonnes de minerais peuvent être exploités « rapidement » et à un coût raisonnable, à ciel ouvert. Dans les faits, l'exploitation devrait débuter dès octobre prochain à ciel ouvert, puis, en décembre, en sous-sol. Le minerai qui sera extrait est composé à 63 % de platine, 25 % de palladium, 10 % de rhodium et 0,7 % d'or.
 
Un beau filon que Xstrata s'apprête à payer relativement cher. En douze mois, le titre Eland Platinum a été multiplié par quatre et Xstrata offre une prime de 18 % par rapport aux trente derniers jours de cotation. Autrement dit, Xstrata s'apprête à débourser 23,30 dollars l'once de métal (les PGM sont cotés en once) tandis qu'Impala, le numéro deux du secteur derrière Anglo Platinum, n'a déboursé « que » 12,30 dollars l'once pour African Platinum en mai dernier. Une surprime qui s'expliquerait par le fait que les mines d'Eland sont plus rapidement exploitables que celles d'African Platinum. Le marché ne semble d'ailleurs pas croire à une surenchère. Le titre Xstrata, d'abord orienté à la baisse, s'est finalement ressaisi pour clôturer en hausse de 1,91 %, et l'action Eland Platinum a affiché un gain d'un peu plus de 4 %.
 
Les ambitions de Xstrata ne s'arrêtent pas là. Le suisse a publié hier un bénéfice net de 3 milliards de dollars, en hausse de 47 %, au premier semestre pour un chiffre d'affaires de 14,2 milliards de dollars (+20 %).
 
Des ambitions tous azimuts
 
L'occasion pour sa direction de réaffirmer ses ambitions, non seulement dans la bauxite et l'alumine (utilisé pour la production de l'aluminium), mais aussi dans le nickel. Loin d'être découragé par l'échec de son OPA sur le canadien LionOre face au russe Norilsk Nickel, le suisse a annoncé un investissement de 190 millions de dollars qui vise à doubler la production de nickel de sa mine de Raglan, dans le nord du Québec. La production devrait ainsi passer de 1,3 à 2 millions de tonnes vers 2011. Reste à savoir si le suisse poursuivra son développement dans le platine. Il reste encore de nombreux actifs de petite taille, particulièrement en Afrique du Sud. À moins que les géants locaux ne se décident à les racheter eux-mêmes, plutôt que les voir passer sous pavillon suisse.