Rebond fragile des Bourses mondiales, nouvelles interventions de la BCE
Par Crédit défisaclisation économie économique banques crédits moins d'impôts épargne, mercredi 15 août 2007 à 03:08 :: Bourse :: #718 :: rss
La Banque centrale européenne (BCE) a injecté à nouveau mardi 25,2 milliards d'euros dans le circuit monétaire de la zone euro en deux opérations pour remédier à la pénurie de liquidités due à la crise.
A 11H40 (9H40 GMT), Paris cédait 0,96%, Londres 0,51%, Francfort 0,60%, Amsterdam 0,52% et Zurich 0,75%, dans des échanges encore hésitants, alors que Wall Street devrait ouvrir en légère hausse, selon les premières indications du marché à terme, après une tentative avortée de rebond lundi.
En Asie, Tokyo (+0,27%) et Hong Kong (+0,53%) ont surnagé mais Taipei a perdu encore 0,31%, Séoul 1,70% et Bangkok 1,28%, tandis que la Bourse de Shanghai, plus jeune et plus modeste, a gagné 1,09%, battant record sur record et restant à l'écart de la tendance générale, comme depuis le début de la crise des crédits à risque.
La crise des "subprime" est "loin d'être terminée", avertit une note du courtier Global Equities, pour qui les injections de liquidités par les banques centrales "vont dans la direction opposée de leurs discours de vigilance sur l'inflation".
Les analystes se demandent si ces banques centrales peuvent rester crédibles en volant une fois encore au secours des boursiers, comme la Réserve fédérale américaine l'a fait en décembre 1998, sur fond de déroute du fonds spéculatif américain LTCM, puis en 2002-2003, après la faillite du négociant Enron.
Les conditions sont redevenues "proches de la normale" sur le marché monétaire en Europe, a déclaré mardi la Banque centrale européenne (BCE), qui avait dû injecter en quatre jours 230 milliards d'euros sur ce marché, où les banques se prêtent mutuellement, et qui fut submergé la semaine dernière par un afflux d'emprunteurs en mal d'argent frais.
Le retour à la normale semble déjà acquis au Japon, où la Banque centrale en a profité pour annoncer qu'elle retirait désormais hors du marché monétaire l'équivalent des dix milliards d'euros qu'elle y avait injectés ces derniers jours.
Les messages rassurants viennent aussi des Etats-Unis où la prestigieuse banque d'affaires Goldman Sachs a fait l'effort remarqué de renflouer à hauteur de 3 milliards de dollars l'un de ses fonds spéculatifs, que la crise des emprunts hypothécaires avait fait chavirer.
Les analystes soulignent cependant que ces 3 milliards sont une goutte d'eau dans l'océan des 1.400 milliards d'euros gérés par 9.500 fonds spéculatifs dans le monde, dont le nombre a triplé en six ans, selon le cabinet HFR.
Même si la plupart d'entre eux ont peu investi ou pas du tout sur les créances hypothécaires à risques, la fragilité ce marché peut les obliger à vendre d'autres titres, pour compenser leurs pertes, d'autant que leurs banques et leurs clients commencent à leur demander des comptes.
La décision de la Réserve fédérale américaine d'injecter des liquidités directement sur ce marché, en rachetant des créances hypothécaires, a cependant calmé le jeu, constatent les économistes du courtier Aurel Leven.
Reste à savoir pour combien de temps, les investisseurs craignant toujours qu'un coup de frein trop brutal au marché de l'immobilier américain ne mette en difficulté des millions de familles aux revenus modestes, les poussant à rogner sur leurs dépenses de consommation, ce qui pénaliserait par ricochet les chiffre d'affaires des grandes entreprises qui exportent aux Etats-Unis.
La Réserve Fédérale a ainsi publié lundi soir les résultats de sa dernière enquête auprès des banques sur les conditions de crédit consenties à leurs clients, qui montre, pour les crédits hypothécaires, le durcissement le plus net depuis la crise de 1990-1991, avertissent les analystes du courtier parisien Aurel Leven.

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