Crise boursière: nous passerons tous à la caisse
Par Crédit défisaclisation économie économique banques crédits moins d'impôts épargne, vendredi 17 août 2007 à 09:54 :: Economie :: #724 :: rss
Les Bourses mondiales ont été à nouveau secouées hier, inquiètes de la crise des prêts américains. Ce qui n’était qu’un feu de cheminée est en train de se transformer en incendie de forêt, menaçant l’économie.
Entre 3 et 6%: de Séoul à Wall Street en passant par Zurich, les places financières mondiales ont vécu hier un coup de froid particulièrement sévère. Dès lors, après des jours de propos d’experts lénifiants, les craintes se multiplient désormais d’une mise en danger de la croissance économique, américaine d’abord, européenne et suisse ensuite.
Un analyste parmi d’autres, Jonathan Wilmot, économiste au Credit Suisse, monte carrément le ton: «La journée de jeudi pourrait marquer le point de basculement entre une saine correction des actifs les plus risqués (n.d.l.r.: Liés à la spéculation immobilière aux Etats-Unis) à quelque chose de beaucoup plus sinistre, qui pourrait conduire à une véritable détresse de l’économie.» Tour d’horizon très terre à terre de la facture que nous pourrions tous à avoir à payer.âš
CRÉDITS PLUS CHERS Que l’on soit petit propriétaire ou directeur d’une PME, un passage par la case «Emprunt» est quasiment incontournable pour financer l’acquisition d’une villa ou mettre de l’huile dans les rouages de sa société. Or, aujourd’hui, depuis l’explosion de la bulle spéculative des crédits hypothécaires pourris aux Etats-Unis (voir infographie), il s’avère que les grandes banques ont décidé de garder plus jalousement les liquidités dont elles disposent, pour le cas où elles auraient à payer la note américaine.
Comme l’explique Eric Chaney, économiste chez Morgan Stanley, «si les banques se mettent à chipoter avec leur argent, on arrivera forcément à un resserrement du robinet des crédits, ainsi qu’à une hausse des primes de risque exigées des débiteurs.» Et qui dit prêts plus chers dit moins d’investissements de la part des entreprises, et partant une activité économique ralentie. Et moins d’achats d’immobilier, avec ses répercussions sur la construction.âš
CRISE EN ALLEMAGNE Joschen Sanio, le président du gendarme de la Bourse de Francfort, n’y va pas de main morte: «L’Allemagne est menacée de la plus grave crise financière depuis 1931.» Et pour cause: plus l’affaire des crédits pourris américains se dévoile, plus on découvre outre-Rhin que même de «gentilles» banques régionales (similaires à nos banques cantonales) se sont frottées à la spéculation des «subprimes». L’une d’elles, IKB, spécialisée dans le financement des PME, se trouve carrément au bord de la faillite. Or, l’Allemagne reste notre premier marché d’exportation. Si la machine germanique devait se gripper, les entreprises helvétiques en pâtiraient fortement.
CAISSES DE PENSIONTOUCHÉES Pour l’heure, le climat est plutôt à la sérénité: «Les mouvements boursiers actuels sont une correction bienvenue, dans un marché des actions nettement surévalué», affirme ainsi Jean-Pierre Steiner, responsable de la caisse de pension de Nestlé. Et pourtant. La Bourse suisse vient de perdre en quelques jours l’entier des gains réalisés depuis le début de l’année. Risque-t-on dès lors de revivre les trous d’air qui, après 2001, avaient conduit les institutions du 2e pilier à diminuer le rendement obligatoire servi sur nos retraites de 4 à 2%? La réponse est, à ce jour, non. Pour trois raisons majeures. Les caisses de pension disposent actuellement de réserves suffisantes pour traverser l’orage. De plus, elles se sont couvertes contre les fluctuations boursières, au travers de produits financiers que l’on pourrait comparer à des assurances risques. Enfin, leurs engagements en actions ne dépassent pas, en moyenne, les 30%. Or, les obligations, et surtout les placements en immobilier, contrebalancent encore les pertes en Bourse. Mais si l’orage devait se transformer en cyclone, nos retraites seraient, à coup sûr, à nouveau rognées

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