"Nous avons fait une proposition sérieuse pour BEA, incluant une prime substantielle", a commenté le président d'Oracle Charles Phillips.

"Cette proposition est l'aboutissement de discussions répétées avec la direction de BEA au cours des dernières années. Nous sommes impatients de conclure une transaction amicale aussi vite que possible", a-t-il ajouté.

BEA Systems, qui fabrique des logiciels pour les entreprises (facturation, gestion des fournisseurs, gestion du portefeuille financier), est sous pression depuis que l'un de ses gros actionnaires, le financier Carl Icahn, appelle régulièrement le groupe à se vendre.

M. Icahn a récemment accru ses parts dans le groupe, à 13% contre 11% précédemment.

Avant que M. Icahn ne renforce sa position, le titre BEA était tombé sous les 12 dollars fin juillet, contre plus de 16 dollars en novembre 2006.

En septembre, BEA avait pourtant rejeté l'hypothèse d'une vente, un porte-parole indiquant que le groupe ne voulait pas être "enterré dans une plus grosse force de vente", rapporte le Wall Street Journal.

Il avait justement cité comme contre-exemple les groupes rachetés par Oracle ces dernières années, qui selon lui avaient souffert du fait qu'Oracle les avait utilisés pour doper son chiffre d'affaire global, ajoute le WSJ.

Ce nouveau projet d'acquisition montre qu'Oracle continue sa course aux acquisitions pour rattraper son rival, l'allemand SAP, leader mondial des logiciels de gestion complète des entreprises.

Oracle a pour cela dépensé depuis trois ans plus de 25 milliards de dollars pour racheter ses concurrents. Avec BEA, son budget d'achat atteindrait la somme de 31,6 milliards.

Il a notamment dépensé en décembre 2004 10,3 milliards de dollars pour s'emparer de son rival PeopleSoft, acquis en 2006 l'éditeur de progiciels Siebel Systems pour 5,9 milliards de dollars, et en mars 2007 racheté le groupe Hyperion pour 3,3 milliards en cash. Dernière acquisition en date, celle du fabricant de logiciels spécialisés Agile, racheté en mai pour 495 millions.

Jusqu'ici, sa stratégie a payé: sur l'exercice annuel 2006-2007, le groupe a encaissé un bénéfice de 4,3 milliards de dollars, en hausse de 26%, pour un chiffre d'affaires en hausse de 25% à 18 milliards.

Il a ainsi réduit l'écart avec SAP, qui a lui rompu avec sa tradition de croissance interne pour racheter Business Objects.